Disques

Salades ibériques

Le Siècle d’Or espagnol, aux temps héroïques de la conquête de l’Amérique, n’a pas été avare en création artistique de tout ordre. Le compositeur Mateo Flecha « l’Ancien », né à Prades en 1481, constitue à ce titre un exemple frappant de cette créativité effervescente. Il inventa, en quelque sorte, le genre musical de l’« ensalada ».

Ce mélange de musique savante et de musique populaire, instrumentale et vocale, abordant des thèmes aussi bien religieux que profanes, connut un succès sans limite. L’ensemble toulousain de cuivres anciens « Les Sacqueboutiers » et ses chanteurs invités sont les artisans fervents de la renaissance de cette pratique musicale chaleureuse. A l’image du récent concert donné à Toulouse, leur dernier album réunit quatre des plus éblouissantes ensaladas jamais composées par le maître catalan. Du combat entre le Bien et le Mal symbolisé par « El Fuego » ou encore « La Justa » (la joute), en passant par « La Negrina », pastiche d’inspiration africaine, et « La Guerra », pleine de cris et de fureur, les voix et les instruments se mêlent de la manière la plus intime et la plus musicale. Les interprètes complètent ce panorama de quelques Villancicos (mélodies chantées) et de quelques Tientos (pièces instrumentales composées pour les « ministriles », ces musiciens dont la fonction consistait à remplacer l’orgue dans les églises qui en étaient dépourvues) de toute beauté. En outre une très émouvante pièce pour cornet à bouquin, théorbe et orgue, « Con qué la lavaré ? », de Juan Vasquez, apporte une dimension méditative à cette opulente débauche sonore.

Grâce aux quatre excellents chanteurs, tous de culture hispanique, qui s’associent aux musiciens toulousains (la soprano argentine Adriana Fernandez, l’alto basque espagnol, David Sagastume, le ténor catalan Lluis Vilámájo, et la basse vénézuélienne Ivan Garcia) le mélange voix-instruments fonctionne à merveille. Le cornetto volubile au phrasé brillant et raffiné de Jean-Pierre Canihac, la sacqueboute habile et sûre de Daniel Lassalle, la chalemie riche et timbrée de Philippe Canguilhem et le basson subtil de Laurent Le Chenadec se complètent à merveille. Yasuko Uyama-Bouvard, à l’orgue, soutient toujours avec science le quatuor des vents auquel s’associent la guitare baroque du virtuose argentin Eduardo Egüez et les percussions de David Mayoral et Florent Tisseyre.

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