Le mardi 7 avril dernier, la Halle aux Grains recevait le Chœur accentus, le Monteverdi Choir, quatre chanteurs solistes et l’Insula orchestra, tous dirigés par Laurence Equilbey. La très solennelle Messe en si mineur de Johann Sebastian Bach était au programme.
La Messe en si mineur (en allemand h-Moll-Messe), composé originellement dans les années 1730 dans une version brève, a été complété par Johann Sebastian Bach au soir de sa vie comme une sorte de testament musical, de synthèse de tout son art musical. Conçu pour un chœur, quatre ou cinq chanteurs solistes et un orchestre, cet ouvrage sacré est l’une des partitions les plus monumentales de Bach. Une partition de rite catholique, d’un compositeur protestant, on peut parler d’œcuménisme !

Ce 7 avril à Toulouse, les forces vocales et instrumentales réunies sous la direction de Laurence Equilbey constituent un ensemble harmonieux et équilibré. La cheffe aborde cette partition mythique avec une ferveur déterminée : un élan proche de celui qui anime souvent les Passions du même Bach.
Dès le Kyrie eleison initial, on admire les qualités impressionnantes qui sont celles de l’association des deux phalanges vocales de haut niveau. Le Chœur accentus, fondé par Laurence Equilbey, est rejoint par le prestigieux Monteverdi Choir, créé par Sir John Eliot Gardiner : une fusion admirable de timbres, de justesse, de précision, de musicalité.
La succession des étapes de la Missa Brevis (Kyrie, Gloria) fait intervenir les quatre solistes vocaux. Le Christe Eleison, duo pour soprano et alto, met en valeur les très beaux timbres de Núria Ria et Anna Lucia Richter. Le ténor Werner Güra transfigure plus tard le sublime Benedictus alors que la basse Gerrit Illenberger, dialogue solennellement avec le cor naturel dans le redoutable Quoniam tu solus sanctus.

L’un des grands moments de la Messe culmine dans la succession des épisodes Et incarnatus est, Crucifixus, Et resurrexit. Même si ce dernier exige du chœur un tempo d’une vélocité impressionnante !
L’ensemble instrumental se distingue lui aussi par la beauté des timbres et des phrasés de ses membres. Les couleurs des hautbois, des flûtes et des bassons se détachent avec finesse du continuo et des cordes dont le violon solo tenu par Stéphanie Paulet se distingue tout particulièrement. Une mention spéciale doit être accordée au pupitre des trompettes qui brille de tout ses feux par la virtuosité, l’éclat, la luminosité des interventions redoutablement stratégiques de ses musiciens. Et en particulier celle du soliste Serge Tizac.

Le chœur final Dona nobis pacem résonne avec une intensité particulière que salue une ovation enthousiaste de tout le public.
Serge Chauzy
