Opéra

Stéphane Degout invite Schubert, Fauré, Berg, Ravel et Debussy pour une soirée d’exception

Stéphane Degout - Photo Jean-Baptiste Millot

Le retour sur la scène de l’Opéra national du Capitole d’un chanteur tel que Stéphane Degout est toujours un grand événement. Assurément le plus grand baryton français de notre temps, cet artiste, car il en est un véritable, a déjà connu des triomphes mémorables en ce lieu : Thésée d’Hippolyte et Aricie de Rameau en mars 2009 et, plus récemment, le rôle-titre du Wozzeck de Berg en novembre 2021, un véritable séisme émotionnel. Aujourd’hui Stéphane Degout partage largement son temps entre opéras et récitals, ces derniers ayant tendance à prendre le pas sur les premiers. C’est dans le genre ultra-délicat d’un programme de mélodies qu’il nous revient, pour une unique soirée, accompagné au piano par Tanguy de Williencourt.

La soirée débutera avec l’incontournable maître du lied germanique : Franz Schubert et six de ses compositions écrites entre 1814 et 1825, toutes convoquant les thèmes favoris du genre :  La Nature, Le Voyage, L’Amour, La Nuit… Si le compositeur a 17 ans à peine pour l’un des lieder inscrits au programme, nous le quitterons onze ans après avec celui qui le clôture. Un grand cheminement donc dans l’évolution musicale de ce musicien disparu à peine trentenaire.

Stéphane Degout (Thésée face aux Trois Parques) dans Hippolyte et Aricie de Rameau à l’Opéra national du Capitole en mars 2009 – Mise en scène d’Ivan Alexandre – Photo : Patrice Nin

Un autre génie de la mélodie sera présent ce soir-là, notre compatriote Gabriel Fauré. Il occupera la fin de la première partie du récital avec le cycle Mirages composé en 1919 sur des textes de Renée de Brimont.  Pour la petite histoire, la créatrice de ce cycle, la jeune Madeleine Grey (23 ans !) dut batailler avec le pianiste qui n’était autre que Gabriel Fauré, sauf que celui-ci était quasiment sourd à cette époque et de ce fait plus soucieux de sa métrique que de son interprète…

Stéphane Degout au centre dans le rôle-titre de Wozzeck à l’Opéra national du Capitole en novembre 2021 dans la mise en scène de Michel Fau – Photo : Mirco Magliocca

Après l’entracte, nous retrouverons le compositeur appaméen, cette fois pour les Poèmes d’un jour, écrits en 1878, alors qu’il n’a que 33 ans.  C’est une brève histoire d’amour en trois mouvements :   Rencontre, Toujours et Adieu, un cycle qui n’a jamais rencontré les faveurs de la critique officielle, par opposition par exemple au fameux Horizon chimérique. Et pourtant ! Faisons confiance à Stéphane Degout pour nous prouver tout le contraire.  Avant de continuer et finir par Maurice Ravel et ses deux Mélodies hébraïques, ainsi que Claude Debussy autour de ses Trois Chansons de France et l’illustre Promenoir des deux amants, Stéphane Degout nous propose un détour vers la Seconde école de Vienne et l’un de ses plus fameux représentants : Alban Berg. Pour l’illustrer, il a choisi une œuvre de jeunesse de ce musicien : les Vier Gesänge qui datent de 1910. Ce choix est d’autant plus signifiant qu’il correspond à l’époque même à laquelle Alban Berg, alors élève d’Arnold Schoenberg, commence à être influencé par l’atonalisme. Epoque charnière s’il en est pour toute la musique occidentale.

La richesse d’un tel programme et la qualité de son interprétation, n’en doutons pas une seconde, font de ce récital un rendez-vous majeur de la saison lyrique toulousaine.

Robert Pénavayre

Théâtre du Capitole le 20 mars 2023 à 20h. Tarif unique : 20€ !

Renseignements et réservations : www.theatreducapitole.fr

Partager

Reinoud Van Mechelen fait entrer Les Boréades au répertoire du Capitole
En cette soirée du 27 mai 2026, une salle comble et une ovation générale sont venues saluer l’entrée au répertoire du Théâtre du Capitole du dernier opéra de Jean-Philippe Rameau : Les Boréades. C’est dans une version concert et au cœur d’une tournée européenne, qui amènera l’œuvre de Dortmund à
La nouvelle saison 2026/2027 de l’Orchestre national du Capitole, vitrine de l’excellence internationale
Le 26 mai dernier, les responsables de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse ont dévoilé le contenu de la nouvelle saison.
La grande tournée de l’Orchestre national du Capitole
En juin 2026, l’Orchestre national du Capitole de Toulouse et son directeur musical, Tarmo Peltokoski, entreprennent une tournée exceptionnelle au Japon
Beau dialogue musical franco-italien
Le concert de l’Orchestre national du Capitole du 23 mai dernier recevait le chef espagnol Roberto González-Monjas et le baryton français Stéphane Degout.
Une Salomé de défis au Capitole de Toulouse
Nicole Chevalier et Jérôme Boutillier, un duo impérial
Schumann et Beethoven en ébullition
A l’invitation de la 40ème saison des Grands Interprètes, l’Orchestre de Chambre de Lausanne et son directeur artistique Renaud Capuçon ont séduit le public toulousain lors du concert du 22 mai dernier.