Opéra

L’opéra intime de Liszt et de Schubert

MIchael Volle - Photo : Carsten Sand

Le public s’est pressé pour assister au récital du baryton allemand Michael Volle au Théâtre du Capitole en ce jeudi 6 mars 2025. Ce dernier faisait un crochet par Toulouse, venant tout droit de Milan où il chantait La Walkyrie (Wotan) dans le temple scaligère. La première partie de son récital est dédiée à Franz Schubert. C’est Der Taucher (Le Plongeur) qui ouvre la soirée, un mini-opéra à une voix bien sûr racontant le sort tragique d’un jeune homme qui, pour la main d’une belle princesse, doit affronter des flots rugissants à la demande d’un roi cynique. D’emblée le ton est donné. Cette soirée de lieder s’inscrit dans la grande tradition des interprètes germaniques qui glorifient aussi bien la mélodie que les grands ouvrages de Wagner et Richard Strauss. Dans le passé, ils s’appelaient Hans Hotter, Dietrich Fischer-Dieskau, Thomas Stewart, Theo Adam. Aujourd’hui Michael Volle leur succède dans l’exercice difficile du lied, un genre auquel il apporte non seulement cette voix qui, il y a encore quelques jours, faisait trembler le rocher des walkyries à la Scala de Milan, mais aussi un art suprême de la couleur, de la nuance, de la dynamique, de l’intonation. Dans ce Plongeur, l’artiste déchaîne autant les abîmes marins qu’il sait rendre émouvant l’amour naissant entre les deux jeunes gens. La voix emplit la salle du Capitole de son timbre d’airain tout en sachant murmurer avec beaucoup d’émotion à l’oreille de chaque spectateur. Tout est dit. Michael Volle est un immense artiste. Il déploie toutes ses qualités dans les Trois Lieder sur des poèmes de Métastase (Franz Schubert) qui suivent, comme dans les Trois Sonnets de Pétrarque qui ouvrent la seconde partie de cette soirée consacrée à Franz Liszt. Une soirée qui se termine avec sept autres lieder que le chanteur réclame, d’une main élégante mais ferme, de pouvoir interpréter sans applaudissements entre chaque opus.

Michael Volle – Photo : Wilfried Hsl

Franz Liszt et Franz Schubert seront à nouveau convoqués pour trois bis que nous accordent les interprètes de ce récital qui marquait la première venue de Michael Volle à Toulouse.

Il est temps de souligner l’immense talent de la pianiste française Sarah Tysman. Elle se révèle la partenaire idéale pour ce récital, sachant accompagner le chanteur avec une précision hallucinante de profondeur dans les différents affects de son programme.

Saluons enfin l’initiative de Christophe Ghristi, particulièrement bienvenue dans le cadre de ce genre de soirée : le surtitrage des textes chantés. A ma connaissance c’est une première au Capitole. Et, tout le monde n’étant pas naturellement germanophone, il était clair à la sortie du Théâtre, que le bienfondé de cette initiative avait rencontré un accueil autant favorable qu’unanime.

Robert Pénavayre

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