Llámame Lorca – Compañía Manuel Liñán –© Antonio L. Juarez
L’été revenu, Mont de Marsan retrouve volants, éventails, accents de guitare et claquement de talon pour le Festival Arte Flamenco qui fête cette année sa 37e édition. Mais au-delà de ce qui peut paraître folklorique, « la España de pandereta » diraient les espagnols, le Festival Arte Flamenco présente ce qu’il y a de plus pur, de plus authentique dans le domaine du flamenco. Il est parmi les plus grands festivals de cette culture, à la hauteur, voire plus de ce que l’on peut voir et entendre à Séville, Jerez et autres hauts lieux du flamenco.
Cette année encore, la qualité est au rendez-vous. Du 30 juin au 4 juillet, les amateurs de chants, de danse et de musique seront comblés. Outre les deux lieux emblématiques que sont le Pôle, plus précisément dédié à la danse et le Théâtre Molière consacré en premier lieu au chant et à la guitare. Mais peut-on vraiment séparer danse, chant et guitare dans l’art du flamenco ?

Manuel Liñan – © Antonio L. Juarez
Le Pôle
C’est Manuel Liñán, dont on se souvient encore du magistral Muerta de Amor en 2024, qui ouvrira le bal le mardi 30 juin avec son spectacle Llámame Lorca, hommage au poète, assassiné il y a 90 ans, qui a su, comme personne, nous donner dans ses vers, l’essence même du flamenco et du Cante Jondo. Garcia Lorca qui revient sur la scène encore cette année, après le très beau Mariana Pineda de Patricia Guerrero, l’année dernière. Gageons qu’en 2027 , année su centenaire de cette Generación del 27 qui vit éclore les plus belles œuvres poétiques de la littérature (Lorca, Alberti, Cernuda, …) du XXème siècle en Espagne, seront vraisemblablement source d’inspiration pour les artistes flamencos. L’ensemble de la troupe sera composé d’artistes grenadins, compatriotes du poète.
Le 1er juillet, Alfonso Losada, bailaor et chorégraphe madrilène, vu l’an dernier dans son incroyable interprétation du cruel Pedrosa de Mariana Pineda, nous proposera une œuvre intimiste et d’une profonde émotion, accompagné de la danseuse sévillane Paula Comitre. Alter Ego « est un jeu de spectres, de deux corps qui dansent à la limite de leurs propres possibilités »
Jeudi 2 juillet, David Coria présente Babel, Torre Viva. Cette création nous propose une vision contemporaine d’un passé révolu. La construction d’une nouvelle tour pourrait-elle nous rendre le sens d’une communauté capable de bâtir ensemble, collectivement ce monde où nous vivons.
Vendredi 3 juillet, Maria Moreno nous offrira son Magnificat, Prix du Public au Festival de Jerez en mars 2026. Sa relecture d’un passage de la Bible donne lieu à un spectacle de joie, de célébration de la vie, de fête, de ces fêtes où l’énergie du flamenco enflamme les réunions avec nos proches.
Samedi 4 juillet. Le dernier spectacle au Pôle est celui de Mercedes Ruiz, avec de nouveau un clin d’œil à Garcia Lorca dont le Romancero Gitano, devient, pour l’artiste le Romancero del baile Flamenco. Un hommage rendu à ses maîtres et des maîtresses du flamenco, à ses racines , en donnant une vision contemporaine de cet héritage.
Tous les spectacles au Pôle ont lieu à 19h.

Devenir – Patricia Guerrero – Alejandro Hurtado – © Ana Palma
Le Théâtre Molière.
Dans ce lieu, c’est le chant et la guitare qui sont à l’honneur, même si la danse s’invite parfois ! Et ce sera le cas pour ce premier spectacle au Théâtre , le mardi 30 juin. De Tablao nous ramène aux années 1960-1970 vers les tablaos madrilènes, avec en première partie la prestation du cantaor Ismael « el Bola », fidèle du Festival. En deuxième partie, place à la danse avec trois jeunes artistes, fort prometteurs, Salomé Ramírez, Aitana Rousseau et Ángel Reyes.
Mercredi 1er juillet. Grenade à l’honneur, Grenade berceau de styles et de formes d’interprétations qui vivent à travers le temps avec Graná por bandera. Antonio Campos sera la voix, José Fermín Fernández la guitare et Raquel Heredia « la Repompa » dansera, tous trois natifs de Grenade.
Jeudi 2 juillet. Dans Devenir, la danse et la guitare entame un dialogue où notes et pas s’entrecroisent, s’entremêlent, se rejoignent pour respirer les effluves du passé et les faire vivre dans le présent. La danse c’est Patricia Guerrero, la grenadine (à nouveau !) une fidèle elle aussi du festival, une immense artiste qui nous séduit à chacun de ses spectacles. La guitare vient d’Alicante et vibrera sous les doigts d’Alejandro Hurtado, prix d’interprétation au festival de Jerez.
Vendredi 3 juillet. Huellas de Albero vera sur scène trois grands maîtres : Segundo Falcón au chant, Manolo Franco et Paco Jarana aux guitares. Des origines du chant classique des années 1930 à 1960, à son évolution, et à l’intégration de nouvelles technologies les artistes créeront une atmosphère très particulière, où la danse ne sera pas absente grâce à la participation de Miguel el Rubio, artiste invité.
Les spectacles au Théâtre Molière auront lieu à 21h30.
Mais le festival Arte Flamenco c’est aussi les spectacles de rues et la scène du Village, ouverte aux expressions flamencas tant française qu’espagnoles. Le mardi 30 juin et mercredi 1er juillet, Flamenco sin Fronteraréunira des spectacles venus de Badajoz, avec des figures majeures d’Extrémadure, où sera invité le danseurs Luca el Luco, le français. Le jeudi 2 juillet Mirada sera dansée par la française Céline Daussan , tandis que la jeune bailaora de Grenade Irene Morales interprèteraRaw, dirigée par Manuel Liñán.
Vendredi 5 juillet. Mont de marsan sera à l’honneur ave l’enfant du pays , le cantaor Niky Garcia, qui se produira pour la première fois sur la scène de sa ville. La première partie de la soirée sera assurée par le groupe bordelais Quairo pour un spectacle métissé.
Enfin le samedi 4 juillet, pour clore cette 37èmeédition la bailaora Lola la Armenia présentera sa création Tanza. Puis jusque tard dans la nuit , une session Electro Duende transformera la place Charles de Gaulle en dance floor.
Le Festival Arte Flamenco c’est tout ça, mais aussi des master-class, des initiations à la danse, des films, des rencontres, des conférences…
Le Prix Confluences, le Grand Prix du Festival célèbre l’esprit de rencontre et de dialogue qui anime l’art flamenco.
Ce premier Prix Confluences sera décerné au danseur et chorégraphe Manuel Liñán.
Une 37ème édition pleine de promesses qui devrait faire le bonheur des amateurs de flamenco..
Annie Rodriguez
Informations et réservations : festivalarteflamenco.fr
