Alors qu’ils viennent de se souhaiter un Joyeux Noël, Kurt et Konrad, deux amis d’enfance, inséparables, se trouvent séparés… par la mort. Une balle perdue. Nous sommes en 1870, côté prussien. Les troupes de Bismarck assiègent Paris. Leurs camarades se replient et ne s’aperçoivent pas du drame. Dans la neige et le froid, seul, Konrad ne peut plus rien pour son ami si ce n’est mettre son corps à l’abri…Mais voilà, Konrad, en s’enrôlant pour suivre Kurt, avait aussi une autre idée en tête. Cet ancien futur élève de l’Académie royale des Beaux-Arts de Munich voue une passion sans borne pour Gustave Courbet et son désir secret était de partir à sa rencontre dans Paris. Quitte à déserter… C’est d’ailleurs ce qu’il fait derechef. Nous voilà dans la capitale française, bien au chaud dans une berline auprès d’une jeune et belle femme : Alma d’Orchis, l’une des plus glorieuses putains de l’Empire. Tout ce qui compte de puissants est à ses pieds. Sa fortune est immense. Il suffit de tourner une page pour rencontrer Félicien, un vieil homme, horticulteur passionné d’orchidées dont il possède une splendide collection. Rien ne prédisposait ces trois personnes à se rencontrer. Et pourtant ils vont devenir les héros lumineux et magnifiques de ce roman sous l’élégante et gourmande plume de François-Henri Soulié. Homme de lettres et de théâtre formé au Conservatoire de Toulouse, il nous plonge au cœur de Paris assiégé dans une fiction qui, et il en est ainsi de tout roman, trouve ses racines dans le réel. L’auteur tient à le préciser : La situation de Paris telle qu’elle est décrite ici est bien celle qu’a connue la capitale. Les extraits de presse sont authentiques, tout comme les relevés météorologiques ou les menus des restaurants ainsi que les descriptions des paysages parisiens. La haute-bourgeoisie que fréquente Alma vit ses derniers jours. La Commune éclatera dans quelques mois, nous en voyons les prémices et l’on sait le bain de sang qu’elle provoquera. Des noms célèbres figurent au casting de ce livre : Goncourt, Daudet, Favre, le prince d’Orange ainsi que le diplomate ottoman Khalil-Bey, celui-là même qui a commandé L’Origine du monde à Gustave Courbet. C’est un véritable tourbillon avant que la fête ne s’achève.

Un livre éblouissant de générosité, d’émotion, d’humour aussi. Un livre d’aventures sentimentales frappées du sceau de l’Histoire. Un livre dont vous ralentirez la lecture afin de le savourer.
Robert Pénavayre
« Que la fête s’achève » roman de François-Henri Soulié – Editions Michel Lafon – 20,95€ – 416 pages
