Disques

Clarinette et accordéon sur les ailes du bel canto

La transcription est souvent le seul moyen, et aujourd’hui peut-être plus qu’hier, de faire pénétrer la musique classique au plus profond de nos sociétés. Depuis toujours, l’opéra en particulier, mais pas seulement ce genre, a fait l’objet de réductions musicales, de transcriptions afin d’être donné dans des demeures bourgeoises ou aristocratiques, avec simplement un piano pour tout orchestre, ce qui limite sérieusement le coût. Et il n’est que d’assister à une représentation de la troupe britannique Diva Opera, au Festival de la Vézère par exemple, pour se rendre compte du bienfondé de cette démarche.

Mais la transcription d’œuvres musicales ne s’arrête pas à l’opéra. Et la démarche s’adresse avec succès aussi à des symphonies, de la musique de chambre, etc. A ce titre, les symphonies de Beethoven sont un exemple frappant, ayant été quasi immédiatement transcrites pour piano, harmonium, petit ensemble… L’un des musiciens emblématiques de ce cheminement créatif demeure Franz Liszt, en ce qui concerne les transcriptions pour clavier. Il serait injuste d’ignorer pour autant celles destinées au violon, à la flûte et même au clavecin.

Avec la modernisation de sa facture est arrivé aussi le temps de la clarinette. Et bien sûr celui de l’accordéon dont le répertoire de transcription est pratiquement la raison d’être.

C’est sur ces deux derniers instruments que s’articule le programme de ce disque intitulé « Fantaisies Lyriques », enregistré en 2015. Norma, Rigoletto, Traviata, Don Carlos sont donc ici revisités pour notre plus grand plaisir. Trois ouvrages de Verdi, quoi de moins étonnant quand on sait que ce sont les compositions les plus populaires qui donnent lieu à transcription. Paul Meyer (clarinette) et Pascal Contet (accordéon) n’ont pas voulu s’arrêter à ces tubes. Ils ont donc ajouté JS Bach, Franz Schubert, Richard Wagner et… Carlos Gardel ! Un autre compositeur, contemporain cette fois, s’est invité dans ce programme : Thierry Escaich. Il signe ici deux Capriccio, l’un sur Rigoletto, l’autre sur Traviata. Dans ces deux derniers morceaux, extrêmement virtuoses, il est, à vrai dire, assez difficile de retrouver les thèmes chers à nos oreilles de lyricomanes.

Au final, un disque étrange, parfois déroutant mais finalement envoûtant qui interpelle sur la puissance de la mélodie dans les œuvres lyriques.

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