Concerts

Le grand concert de l’ensemble Voce Tolosa

Le Chœur Voce Tolosa et les solistes, sous la direction d'Olivier Perny - Photo Voce Tolosa

Le 26 juin dernier, le chœur Voce Tolosa, sous la direction d’Olivier Perny, a bravé la canicule et réuni un public nombreux à la basilique Notre Dame de la Daurade de Toulouse dans un programme musical riche et ambitieux.

Voce Tolosa est un ensemble vocal toulousain qui regroupe une cinquantaine de chanteurs. L’ensemble a été créé en 1995 par Jean-Louis Martel qui en a assuré la direction jusqu’à septembre 2006, avant de passer le relais à Olivier Perny, l’actuel chef de chœur.

Le Président de l’ensemble, Jean-Marie Mathieu, qui chante également dans le chœur, présente la soirée. Il annonce un changement dans la distribution des chanteurs solistes. Pour un problème de santé, la soprano Céline Laborie a dû renoncer à participer au concert. Elle est remplacée par Aurélie Fargues que le Président remercie profondément.

Le Grand orgue Puget de la basilique de la Daurade – Photo Classictoulouse

La soirée s’ouvre sur une impressionnante pièce d’orgue jouée par Marc Chiron au Grand Orgue Puget de la basilique. Dans l’acoustique généreuse du vaisseau de pierre, la Fantaisie et fugue en Si bémol d’Alexandre Boëly (1785-1858) résonne dans un déploiement d’une richesse sonore admirable. Les couleurs de l’instrument s’avèrent parfaitement adaptées à l’œuvre intensément romantique et néanmoins admirablement structurée par l’interprète.

Cette pièce forte et dense sert d’introduction au grand Psaume 42 de Felix Mendelssohn qui rassemble devant l’autel, les chanteurs de Voce Tolosa, la soliste Aurélie Fargues, Marc Chiron à l’orgue de chœur Puget et le hautboïste Gilles Rimauro, tous dirigés par Olivier Perny.

La soprano Aurélie Fargues et le chœur Voce Tolosa dans le Psaume 42 de Mendelssohn – Photo Classictoulouse

L’ensemble vocal, majoritairement composé de fières têtes blanches, réalise là de belles performances, à la fois disciplinées et expressives, sous la direction précise et stimulante d’Oliver Perny qui maintient l’équilibre souhaitable entre les registres. Aurélie Fargue déploie une voix particulièrement puissante avec un vibrato soutenu et le hautbois apporte une fraîcheur bienfaisante. L’œuvre, bien que romantique, marque nettement l’héritage de Johann Sebastian Bach dont Mendelssohn ressuscita l’œuvre et en particulier les géniales Passions. La ferveur dont font preuve à chaque instant les chanteurs du chœur constitue un élément essentiel de cette exécution.

Le hautboïste Gilles Rimauro et l’organiste Marc Chiron – Photo Classictoulouse

La seconde partie s’ouvre sur l’Adagio du beau concerto pour hautbois et cordes en ré mineur attribué à Benedetto Marcello et probablement composé par son frère Alessandro. Sa notoriété est principalement due à la transcription pour clavecin seul, également en ré mineur (Concerto BWV 974) de Johann Sebastian Bach. Marc Chiron joue l’adaptation pour orgue de l’accompagnement orchestral sur l’orgue de chœur de la basilique. La beauté du jeu soliste de Gille Rimauro confère à la partition toute l’émotion de son écriture.

La splendide Messe du Couronnement KV 317 de Mozart suit cette introduction touchante. Elle constitue probablement l’apogée de cette soirée. Composée en 1779, sa première exécution eut lieu le jour de Pâques de cette même année. L’alternance des épisodes dévolus aux membres du quatuor de solistes confère à l’œuvre une vitalité réjouissante. La soprano Aurélie Fargues est rejointe par l’alto Cristelle Gouffé, le ténor Patrick Garayt et la basse Julien Véronèse. La partition orchestrale est de nouveau jouée par Marc Chiron sur l’orgue de chœur auquel se joint le hautbois de Gille Rimauro.

Les quatre solistes de la Messe du Couronnement de Mozart. De gauche à droite : Aurélie Fargues, Cristelle Gouffé, Patrick Garayt et Julien Véronèse – Photo Classictoulouse

Les quatre chanteurs qui se succèdent devant le chœur combinent leurs timbres avec talent et animent les différents ordinaires de la messe avec une ferveur communicative. Du Kyrie à l’Agnus Dei, les échanges entre solistes et avec le chœur et l’orgue sont harmonieusement réalisés dans l’acoustique généreuse de la basilique.

Au salut, de gauche à droite : Gilles Rimauro, Marc Chiron et Olivier Perny – Photo Classictoulouse

L’accueil enthousiaste du public incite les interprètes à reprendre le Dona nobis pacem de la Messe du Couronnement. Une belle conclusion. Rappelons que ce même programme avec les mêmes interprètes est également proposé par Les Amis des Orgues, le 28 juin 2026 à 17 heures en l’Eglise de Castanet-Tolosan.

Serge Chauzy

Programme du concert

•             Fantaisie et fugue en Si bémol d’Alexandre Boëly

•             Psaume 42, « Wie der Hirsch Schreit » de Felix Mendelssohn

•             Adagio du concerto pour hautbois attribué à Benedetto Marcello

•             Messe du Couronnement KV 317 de Wolfgang Amadeus Mozart

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