Le 23 octobre dernier, la Halle aux Grains toulousaine recevait la légendaire chanteuse d’origine béninoise Angélique Kidjo. Son dernier projet musical, présenté ce soir-là, est intitulé « Symphonie Africaine ». Accompagnée par l’Orchestre national du Capitole placé sous la direction de Chris Cameron, elle rend ainsi hommage à la richesse du patrimoine musical africain.
Un accueil délirant du public a salué la performance de la chanteuse et des musiciens qui l’accompagnent. Il faut reconnaître que ce projet ne se limite pas à la réalisation d’un concert. C’est d’un spectacle complet qu’il s’agit. Une débauche d’effets lumineux souligne l’implication vocale et physique d’Angélique Kedjo qui décline son hommage à l’Afrique en une quinzaine de chants empruntés aux grandes signatures d’un art riche et imaginatif. Les transcriptions pour grand orchestre du célèbre arrangeur Derrick Hodge font mouche. Les musiciens de l’Orchestre national du Capitole jouent le jeu dans tous les sens du terme. Y compris le pupitre de percussions qui s’enrichit d’instruments divers. La direction musicale est assurée avec ferveur par le Britannique Chris Cameron, à la fois arrangeur, producteur, directeur musical, chef d’orchestre et claviériste.

Les noms des grandes signatures africaines se succèdent dans un programme contrasté et défendu avec talent et énergie par une chanteuse hors norme. D’une voix forte et riche, il est vrai largement amplifiée, Angélique Kidjo privilégie l’éclat sans négliger les quelques épisodes nostalgiques. On retrouve successivement les créations de grands noms, comme ceux de Miriam Makeba, Fela Kuti, Manu Dibango, Cesária Évora, Youssou N’Dour/Neneh Cherry, Rema/Burna Boy/Yemi Alade, Salif Keita, Hugh Masekela, Master KG et Nomcebo Zikode, mais aussi Angélique Kidjo elle-même !

Deux pièces dans lesquelles la chanteuse est accompagnée par la seule guitare électrique soulèvent une émotion particulière. Prenant la parole à de nombreuses reprises, Angélique Kidjo tient à rendre hommage, non seulement aux anciens, mais également aux jeunes créateurs du continent africain. Son propos évoque les difficultés actuelles avec un humanisme qui trouve un écho dans tout le public. Engagée en faveur des droits des enfants, de l’éducation des filles et de l’égalité des sexes, rappelons qu’elle est ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF depuis 2002. Des applaudissements chaleureux saluent sa parole.
En fin de programme, elle annonce une sorte d’hymne plein d’espoir pour lequel elle sollicite la participation active du public. Celui-ci ne se fait pas prier et entonne avec la chanteuse, puis sans elle, le refrain de cet hymne, rapidement appris !

Angélique Kidjo conclut son programme sur « La valse des lilas », de Michel Legrand, chantée a cappella avec une émotion retenue. Belle conclusion pour cette rencontre hors norme !
Serge Chauzy
