Concerts

L’excellence musicale au Palais Niel

De gauche à droite : Quentin Vogel, Eleonore Epp, violons, Laura Esminger, Kei Tojo, altos, Sarah Iancu, violoncelle - Photo Classictoulouse

Ce dimanche 17 mai dernier à 17h30 au Palais Niel de Toulouse l’association « Musique au Palais » présentait un concert exceptionnel, hors festival. Cinq musicien(ne)s des pupitres de cordes de l’Orchestre national du Capitole ont offert à un public enthousiaste un programme musical exigeant et d’une haute tenue.

Rappelons que le festival « Musique au Palais » est organisé dans le cadre privilégié et à l’acoustique exceptionnelle du grand salon du Palais Niel, siège de la 11ème brigade parachutiste, situé en plein centre de la Ville rose. Ce dimanche 17 mai, cinq solistes de l’Orchestre national du Capitole ont donc été les interprètes de ce concert exceptionnel : Quentin Vogel et Eleonore Epp, violons, Kei Tojo et Laura Ensminger, altos, Sarah Iancu, violoncelle. Au programme de cette fin d’après-midi dominicale figuraient deux chefs-d’œuvre pour instruments à cordes : le Quintette pour deux violons, deux altos et un violoncelle KV. 516, en sol mineur, de Wolfgang Amadeus Mozart et le Quintette n°2 opus 87, en si bémol majeur, pour le même effectif, de Felix Mendelssohn.

Le Général Claude Réglat et Serge Krichewsky
– Photo Classictoulouse

La rencontre s’ouvre sur un rappel des caractéristiques et des motivations de cette manifestation annuelle par Serge Krichewsky, animateur du festival, et le Général Claude Réglat, responsable de l’association Entraide parachutiste qui œuvre dans l’accompagnement au quotidien des familles de parachutistes accidentés. On rappelle que Musique au Palais, fidèles à ses engagements, reverse à l’association une partie de ses recettes.

Après une présentation par Serge Krichewsky des deux œuvres inscrites au programme, les interprètes se lancent dans leur exécution avec une énergie, un enthousiasme et un engagement remarquables. D’une manière générale, on admire la précision du jeu commun, la cohésion parfaite qui fait de l’ensemble un instrument unique. La pratique de l’orchestre n’est probablement pas étrangère à ce sens du collectif. Et néanmoins, chaque registre joue son rôle, de l’aigu lumineux des violons à la chaleur du violoncelle, en passant par le rôle central des deux altos. La virtuosité réclamée par certains passages est parfaitement assumée (bravo notamment au premier violon Quentin Vogel, souvent sollicité !) et ne se manifeste jamais au détriment d’une profonde musicalité, d’un sens aigu des phrasés et des nuances.

Le quintette à cordes – Photo Classictoulouse

Toutes ces qualités servent admirablement l’exécution des deux œuvres au programme. Dès le premier volet, Allegro, du Quintette en sol mineur de Mozart, l’introduction tourmentée des premières mesures est suivie d’une alternance équilibrée entre délicatesse et énergie. L’inattendu dramatisme du Menuetto se développe dans une atmosphère animée mais toujours phrasée avec soin. L’émotion domine toute la méditation de l’Adagio ma non troppo, dont les échanges instrumentaux évoquent une réflexion profonde. Après une transition Adagio presque douloureuse, le final Allegro conduit à une sorte de libération joyeuse dont les interprètes soulignent l’irrésistible lumière.

Dans une tonalité plus teintée de romantisme, le Quintette en si bémol majeur de Felix Mendelssohn s’ouvre sur l’enthousiasme d’une animation, d’une jeunesse à laquelle le jeu des musiciens confère une vitalité irrésistible. Cet Allegro vivace est suivi de la fantaisie d’un Andante scherzando, léger comme un sourire. Le contraste avec l’Adagio e lento, d’une intensité élégiaque, est légitimement souligné par les interprètes qui n’hésitent pas à en baliser le développement de quelques accents dramatiques particulièrement émouvants. L’animation du final, Allegro molto vivace, se transmet irrésistiblement d’un instrument à l’autre. L’engagement jubilatoire de chacun connait son apothéose avec les traits virtuoses impressionnants du premier violon qui semble prendre feu ! L’ovation que recueille cette exécution conduit les musiciens à offrir un bis « pédagogique ». Ils reprennent une partie du final précédent dans la version modifiée par l’éditeur après la mort du compositeur. Un bonheur supplémentaire !

Serge Chauzy

Programme du concert :

  • W. A. Mozart : Quintette à cordes KV. 516, en sol mineur
  • F. Mendelssohn : Quintette à cordes n°2 opus 87, en si bémol majeur

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