Concerts

La Philharmonie de Vienne et Tugan Sokhiev, le concert événement

L'Orchestre Philharmonique de Vienne - Photo Lois Lammerhuber -

L’association Grands Interprètes vise haut ! Pour son concert du 18 mars prochain, la Halle aux Grains toulousaine accueille l’Orchestre Philharmonique de Vienne, l’un des ensembles musicaux les plus prestigieux de la planète et ceci depuis de nombreuses décennies. Cette phalange mythique revient à Toulouse sous la direction de celui qui a présidé pendant plus de dix-sept ans aux destinées de l’Orchestre national du Capitole, Tugan Sokhiev. Une conjonction exceptionnelle pour la Ville rose !

Il ne s’agit pas cette fois d’une première visite du Wiener Philharmoniker. Déjà présents à Toulouse à trois reprises, les musiciens exceptionnels qui le composent se sont produits lors de leur dernière visite le 18 mars 2000 sous la direction de Seiji Ozawa dans un programme consacré à Brahms. Auparavant, Toulouse les a accueillis sous la direction de Zubin Mehta et de Bernard Haitink. Chacune de leur venue prend une importance capitale dans la riche vie musicale de la cité.

L’origine de l’Orchestre remonte à 1842, lorsque Otto Nicolai a fondé l’Académie philharmonique. C’était un orchestre totalement indépendant qui prenait ses décisions à partir d’un vote démocratique de tous ses membres. Ce sont ces mêmes principes qui régissent le fonctionnement de la formation symphonique encore aujourd’hui. La sonorité caractéristique de l’Orchestre philharmonique de Vienne peut être attribuée, d’une part, à l’utilisation d’instruments particuliers et d’autre part, à la pratique d’un style de jeu spécifique, deux caractéristiques fondamentalement différentes de celles des autres grands orchestres. Depuis 1933 l’orchestre n’a plus de chef permanent mais des chefs invités, parmi les plus grands et les plus réputés. Certains peuvent rester invités pendant plusieurs années. De grandes personnalités musicales ont marqué l’histoire, notamment Wilhelm Furtwängler, Herbert von Karajan, Karl Böhm, qui furent nommés chefs honoraires, et Leonard Bernstein.

Tugan Sokhiev – Photo Patrice Nin –

De son côté, Tugan Sokhiev a mené l’essentiel de ses études musicales au Conservatoire de Saint-Pétersbourg. Élève de Iouri Temirkanov et d’Ilia Moussine, il en est sorti diplômé en 2001, ayant déjà remporté (en 2000) le premier prix du 3ème Concours international Prokofiev. C’est en avril 2005 qu’il a été nommé par la ville de Toulouse premier chef invité et conseiller musical de l’Orchestre national du Capitole. Fin juin 2008, il a été nommé au poste de directeur musical. Depuis son départ, le 6 mars 2022, il revient comme chef invité à la tête de l’Orchestre national du Capitole – trois concerts sont programmés au cours de la présente saison. Il poursuit en outre une carrière très active auprès des meilleurs orchestres du monde.

Le programme de ce concert toulousain du 18 mars est consacré à la musique russe du XIXème siècle. La grande suite symphonique Shéhérazade, de Nicolaï Rimski-Korsakov ouvrira la soirée. Créée à Saint-Pétersbourg en 1888, elle comporte quatre mouvements, comme une symphonie classique mais elle illustre un programme particulier, inspiré des Contes des Mille et une nuits. Rappelons que la lecture des contes par la sultane Shéhérazade sauve sa propre vie menacée par son époux, le sultan Schahriar. L’orchestration rutilante de cette partition illustre à merveille les épisodes successifs et contrastés de ces évocations.

La Symphonie n° 4 en fa mineur de Piotr Illich Tchaïkovski complètera ce programme. Cette œuvre emblématique débute explicitement le cycle des trois dernières symphonies, cycle intitulé « La fatalité » ou encore « Le fatum ». Elle annonce prophétiquement l’issue tragique de la vie du compositeur, incarnée par la 6ème et dernière symphonie, la « Pathétique », qui s’achève sur le silence un peu effrayant de son final. Le thème du destin, une impressionnante fanfare de cuivres, ouvre cette 4ème Symphonie et reparaît à plusieurs reprises comme pour insister sur son caractère inéluctable. Le vertige exalté du final semble conçu pour conjurer le destin…

Deux grands chefs-d’œuvre sont donc au programme de ce concert d’exception.

Serge Chauzy

Programme du concert donné le 18 mars 2023 à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse

  • N. Rimski-Korsakov : Shéhérazade
  • P. I. Tchaïkovski : Symphonie n° 4 en fa mineur

Partager

Schumann et Beethoven en ébullition
A l’invitation de la 40ème saison des Grands Interprètes, l’Orchestre de Chambre de Lausanne et son directeur artistique Renaud Capuçon ont séduit le public toulousain lors du concert du 22 mai dernier.
Les Boréades de Jean-Philippe Rameau, le chef-d’œuvre fantôme
Certainement une découverte pour de nombreux mélomanes et donc une occasion à ne louper sous aucun prétexte.
Tarmo Peltokoski et Alexandre Kantorow retrouvent l’Orchestre national du Capitole
Le concert du 30 mai prochain promet une conclusion particulièrement brillante de la saison symphonique de l’orchestre toulousain.
Cristina Galietto, l’invitée du dernier concert de Toulouse Guitare
Le vendredi 29 mai à 20h, la Chapelle des Carmélites de Toulouse accueille la dernière invitée de la saison de Toulouse Guitare.
Capitole de Toulouse – Le premier Jochanaan de Jérôme Boutillier
Je sens ma voix se libérer à l’appel de ce rôle
CHORÉGRAPHE ? « MAIS Á TOUT PRENDRE QU’EST-CE … » FABIO LOPEZ
Fabio Lopez, chorégraphe, directeur du Ballet Illicite, né à Lisbonne en 1986, est « entré en danse » dès son plus jeune âge. Diplômé du Conservatoire National du Portugal, il va poursuivre sa formation à la Juillard School de New York, avant de la compléter au Béjart Ballet de Lausanne, auprès