Le Théâtre du Capitole va, de nouveau, vivre à l’heure des grands frissons avec le retour à l’affiche de l’Otello verdien et une (presque) prise de rôle, celle du Maure par le ténor américain Michael Fabiano.
Un peu d’histoire
Si cet Otello clama son désespoir pour la première fois au Capitole, en français bien sûr, lors de la saison 1898/1899, il y fut par la suite plus que brillamment illustré par des « figures » qui ont marqué l’histoire de ce théâtre, telles que Henri Saint-Cricq et José Luccioni au milieu du 20e siècle. Des barytons célèbres firent tonner le fameux Credo, tel Pierre Nougaro en 1949 ou encore Ramon Vinay en 1963. Régine Crespin y incarna une Desdémone d’anthologie en 1953. Dans la mémoire des mélomanes toulousains se sont imposés par la suite, dans le rôle–titre, le Roumain Ludovic Spiess en 1966, vainqueur du Concours de chant de Toulouse en 1964 et l’Italien Pier Miranda Ferraro en 1969, ténor dramatique impressionnant, partenaire régulier de Maria Callas. En fait, l’ouvrage n’a connu qu’une quinzaine de remises à l’affiche depuis son entrée au répertoire. C’est peu si l’on compare à Rigoletto qui en compte une bonne trentaine mais c’est en même temps beaucoup si l’on prend en considération la rareté des interprètes du rôle-titre, rareté due à sa difficulté. La dernière reprise ouvrait la saison 2001/2002 et ce 5 octobre voyait retentir l’Esultate tellurique du plus grand titulaire du rôle d’alors, le russe Vladimir Galouzine. A ses côtés, une prise de rôle importante, celle d‘Iago par notre compatriote toulousain, le baryton Jean-Philippe Lafont. Mais, à vrai dire, le triomphe de la soirée est revenu, à juste titre d’ailleurs, à la soprano chilienne Cristina Gallardo-Domas, pour sa première Desdémone. Un second Otello s’était alors glissé dans cette distribution pour une représentation, le russe Andrej Lantsov. Cette reprise était alors dirigée par Alain Lombard, pour la première fois dans la fosse capitoline. Une nouvelle production accueillait cet opéra, signée Nicolas Joel (mise en scène), Ezio Frigerio (décors), Franca Squarciapino (costumes) et Vinicio Cheli (Lumières). C’est dans cette production que se font les actuelles reprises de cet ouvrage à l’Opéra national du Capitole.

Prises de rôle et débuts capitolins
C’est un spécialiste du répertoire italien qui sera au pupitre de cette reprise, le maestro Carlo Montanaro, pour la première fois au Capitole de Toulouse. Le rôle-titre sera tenu par le ténor américain Michael Fabiano, véritable coqueluche des plus grandes scènes de la planète, qui reviendra sur notre scène après un jump-in qui avait permis à Christophe Ghristi de sauver une représentation de Carmen en janvier 2022, alors que le Covid sévissait encore en France. Débuts toulousains pour la soprano franco-guatémaltèque Adriana Gonzalez (Desdémone) et pour le baryton géorgien Nikoloz Lagvilava (Iago).
Seconds rôles de luxe puisque Julien Dran (qui vient de sauver in extremis une représentation de Lucia di Lammermoor ici même), revient dans le rôle de Cassio, Irina Sherazadishvili (Emilia), Andrés Sulbarán (Roderigo), Jean-Ferdinand Setti (Lodovico) et Zaza Gagua (Montano). Excusez du peu !
Robert Pénavayre
Représentations : 14, 17, 19, 21, 24 et 26 avril 2026
Renseignements et réservations : www.opera.toulouse.fr
