Opéra

Christophe Ghristi nommé Chevalier de la Légion d’Honneur

Christophe Ghristi, directeur artistique de l'Opéra national du Capitole - Photo Pierre Beteille

C’est lors d’une cérémonie qui ne pouvait trouver place que sur la scène de l’Opéra national du Capitole, que Jean-Luc Moudenc, Maire de Toulouse et Président de Toulouse Métropole, et en présence d’Etienne Guyot, Préfet d’Occitanie, a remis les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur à Christophe Ghristi, directeur artistique du vaisseau amiral de la culture toulousaine, ce fameux Capitole, une institution lyrique plusieurs fois centenaire, connue et respectée du monde entier.

Après avoir brièvement retracé la carrière de Christophe Ghristi mais trouvant aussi les mots justes pour lui dire toute son estime, Jean-Luc Moudenc lui a, comme le veut la tradition, cédé la parole.

Nous connaissons Christophe Ghristi fou d’opéra, mais nous savons moins combien ce natif de Cannes l’est aussi… de cinéma. C’est donc en puisant dans ses souvenirs de cinéphile qu’il cite d’emblée Jean Gabin dans French Cancan. Celui-ci, s’adressant aux artistes, leur dit : Nous devons être de bons petits soldats et peu importe si on va bien ou mal, si on est heureux ou malheureux, l’important ce n’est pas soi, c’est le public. Sinon il faut changer de métier.

Tout est dit en deux mots. Celui que se revendique avant tout comme un pur enfant de la république et du service public a grandi en s’abreuvant au Grand Echiquier où étaient invités Karajan et Yehudi Menuhin, à Apostrophes époque Marguerite Yourcenar et Marguerite Duras, au Théâtre ce soir de Jacqueline Maillan et Maria Pacôme, au Ciné-Club de Claude Jean Philippe et Jean Renoir et au Cinéma de minuit de Patrick Brion.

Christophe Ghristi, directeur artistique de l’Opéra national du Capitole et Jean-Luc Moudenc, Maire de Toulouse et Président de Toulouse Métropole lors de la cérémonie le 3 décembre 2022

C’est donc avec tout ce bagage et sa passion naissante pour l’opéra que ce normalien décide d’entrer dans le métier. Sa rencontre avec Nicolas Joel sera déterminante, tout comme ses passages à l’Opéra de Vienne et à celui de Paris. Jean-Luc Moudenc lui a confié les clés de l’Opéra national du Capitole il y a 4 ans juste avant que la pandémie ne s’abatte sur le monde. Bon petit soldat, même s’il a aujourd’hui les galons de commandant, Christophe Ghristi a tenu tête à la tourmente. Sa programmation et la qualité artistique des spectacles ont fait revenir en foule le public Place du Capitole. Ce qui est loin d’être le cas dans tous les théâtres français, y compris les plus grands…  Cette réussite, Christophe Ghristi la partage avec tous ses collègues dans un vibrant hommage au travail collectif. Il est heureux non seulement de tout cela mais aussi d’un public qui ne vient pas dans sa maison parce qu’elle représente un marqueur social. Il le sait, le Toulousain est amateur d’art lyrique depuis toujours. Il est heureux aussi car, en ces temps plus que troublés, ses distributions de La Bohème en ce moment voient se croiser dans une harmonie parfaite : Russe, Arménien, Azerbaidjanais, Italien et Français, des chanteurs jeunes qui travaillent ici dans la paix d’un monde qui la leur refuse. Une leçon !

Il est parfois des récompenses qui laissent songeur, surtout à ce niveau-là. Il en est d’autres, à l’exemple de celle-ci, qui ont toute leur légitimité.

Félicitations donc à l’heureux récipiendaire.

Robert Pénavayre

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