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Festivals/Piano aux Jacobins – Dana Ciocarlie – 25/09/2012

Avec Dana Ciocarlie, l’imagination est au pouvoir. Son récital du 25 septembre, dans le cloître des Jacobins, illustre cette générosité musicale tout imprégnée de poésie qui caractérise les interventions de la pianiste. La composition du programme inédit qu’elle est venue présenter à Toulouse repose sur un nom que l’on ne s’attend pas à côtoyer dans un récital de piano, celui de Richard Wagner.

La pianiste d’origine roumaine Dana Ciocarlie pendant son récital du 25 septembre 2012

– Photo Jean-Claude Meauxsoone –

La célébration du bicentenaire qui s’annonce pour 2013 a ainsi généré ce voyage musical en deux étapes. Ou peut-être s’agit-il de deux portraits complémentaires du compositeur du fameux accord de Tristan. En effet Dana Ciocarlie organise là ce qui ressemble à un hommage en deux parties bien différentes. Opposées même. Elle consacre l’essentiel du premier volet du diptyque à la virtuosité au service de la matière musicale. On découvre ou redécouvre ainsi, une pièce originale de Wagner intitulée « Sonate für das Album von Frau M. W. », les initiales se rapportant au grand amour du compositeur, la poétesse Mathilde Wesendonck. Etrange musique dans laquelle se retrouvent les modulations auxquelles ses opéras ont habitué nos oreilles. Cette partition est entourée de quelques unes des paraphrases, transcriptions ou improvisations que les œuvres de Wagner ont suscitées. Et l’on découvre un compositeur autrichien peu connu, Alfred Jaëll, qui fut probablement l’élève de Chopin et de Liszt. Excusez du peu ! Sa Paraphrase de Lohengrin et Tannhäuser mêle habilement les thèmes essentiels des deux opéras. Les deux improvisations d’après Rienzi, virtuoses et brillantes, constituent une habile avant-première aux représentations de cet opéra de jeunesse qui débutent le 30 octobre au Théâtre du Capitole, après un purgatoire français d’un siècle et demi… L’éblouissante paraphrase de Liszt sur le Chœur des Fileuses, du Vaisseau fantôme, conclut cette première partie sur une sorte de feu d’artifice digital brillamment assumé par la pianiste.

Dana Ciocarlie consacre la seconde partie aux évocations funèbres autour de la mort à Venise du compositeur. Le recueillement emprunte les voies de la confidence. Franz Liszt a écrit les pièces les plus énigmatiques en hommage à la disparition de son gendre (C’est le cas de R. W. – Venezia), mais aussi ces incroyables partitions intitulées, de manière prémonitoire, La lugubre gondole, peu de temps avant ce décès. Dana Ciocarlie y déploie une sensibilité d’une grande pudeur. L’émotion affleure avec d’autant plus d’intensité que la retenue guide son jeu. Les moments de silence prennent ici une force fascinante. Deux partitions basées sur le chef-d’œuvre du compositeur, Tristan et Isolde, complètent ce parcours emblématique. Toujours d’Alfred Jaëll, « Trancription, illustration et paraphrase de Tristan et Isolde » puise dans les thèmes principaux et les moments stratégiques de l’ouvrage. Quant à la fidèle transcription par Liszt de « La mort d’Isolde », elle conclut ce parcours dans la transfiguration. Des plus impalpables pianissimi, à la limite de l’audible, jusqu’à l’ampleur de l’apothéose, l’interprète bâtit la progression irrésistible vers la lumière, son épanouissement et le retour vers la nuit. Eblouissant !

Pas moins de quatre bis sont ardemment réclamés et par le public. Après la 2ème Novelette de Schumann et trois extraits de la suite Musica Ricercata de György Ligeti, Dana Ciocarlie s’immerge dans le beau répertoire roumain qu’elle pratique depuis son enfance : une danse de Constantinescu puis le Carillon Nocturne de George Enesco. Fin du voyage…
Serge Chauzy

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