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Festival de la Vézère –  La traviata nous offre un sommet d’émotions lyriques

Brindisi de La traviata - Festival de la Vézère 2024

Il en est ainsi des programmes de la troupe Diva Opera. Dans leur tournée européenne, elle met à son répertoire une œuvre bouffe (Le Barbier de Séville, L’Elixir d’amour ou Don Pasquale, par exemple) et un opéra plus dramatique (Don Giovanni, Les Contes d’Hoffmann, Cosi fan tutte, etc.). Cette année, succédant au chef-d’œuvre rossinien, voici, en ce 10 août 2024, toujours dans la Grange du Château du Saillant, un autre chef-d’œuvre, cette fois du maître de Busseto : La traviata.

Dans une mise en scène de Cameron Menzies, tout ce qu’il y a de plus lisible et conforme au livret, les artistes, sous la férule pianistique de l’imperturbable Bryan Evans, nous font revivre les derniers jours de cette Dame aux Camélias chère à Alexandre Dumas. Loin des dérapages, pour ne pas dire trahisons, dont certains festivals européens ont fait une marque de fabrique désastreuse, la Compagnie Diva Opera, dans toute sa modestie, se montre d’un respect absolu aux ouvrages qu’elle aborde. Et comme par hasard et malgré quelques coupures, ici tout le Chœur des Gitanes dans le Salon de Flora, la stricte observation des didascalies du compositeur suffit à faire exploser le drame dans toute son intensité.

Gabriella Cassidy (Violetta) et Roby, Lyn Evans (Alfredo)

Les années passées, elle fut ici même Gilda, Constance, Anna, Elvira (de L‘Italienne à Alger), nous retrouvons avec un plaisir sans mélange Gabriella Cassidy dans le rôle emblématique de Violetta. Cette soprano a la vocalité exacte du personnage dont elle pare le chant d’un très large phrasé empli d’émotion et d’une magnifique science belcantiste. Elle couronne son air du 1er acte d’un contre mi littéralement somptueux.  Toute la soirée, ou presque, sera de la même eau. Tout juste pourra-t-on regretter, dans la recherche d’effets dramatiques au dernier acte, quelques accents dans lesquels un grave inutilement et copieusement poitriné vient rompre la tenue vocale et stylistique de son interprétation. Le ténor Robyn Lyn Evans est également un habitué des lieux où il campa Don José, Le Duc de Mantoue, Rodolfo (La bohème) et même Alfred lors d‘une irrésistible Chauve-souris de Johann Strauss. En Alfredo Germont, il donne ici une belle réplique à Gabriella Cassidy, cherchant à nuancer sa ligne de chant par de multiples dynamiques. Si la voix n’est pas immense, elle est parfaitement homogène et développée sur un ambitus largement suffisant lui permettant d’accrocher l’ut final de sa cabalette sans difficulté, une contre note non écrite mais qui montre la générosité de l’interprète par rapport à un public qui ne demande pas mieux !

Philip Smith (Germont)

L’an passé, il nous avait particulièrement séduit dans un Rigoletto de grande race. Autant dire qu’il ne fait qu’une bouchée de Giorgio Germont. Le baryton Philip Smith dispose d’un organe servi par une belle projection, des couleurs moirées somptueuses, sur une rondeur d’émission des plus confortables pour l’oreille et avec un art bel cantiste achevé.

Leilani Barratt (Annina) et Gabriella Cassidy (Violetta)

Les premiers rôles de la veille dans Le Barbier de Séville se partagent, et avec quel talent, les seconds rôles de ce soir. Il en est ainsi de Stéphanie Windsor Lewis (Flora), Matthew Hargreaves (D’Obigny), Ambrose Connelly (Douphol), Timothy Dawkins (Grenvil).

La représentation se termine sous un tonnerre d’ovations, de nombreux rappels et une standing ovation largement méritée.

Chère Compagnie, à l’année prochaine pour de nouvelles aventures lyriques !

Robert Pénavayre

Photos : Olivier Tournié

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