Disques

Le bel héritage

Presque soixante ans séparent Karol Beffa (trente-trois ans) de Henri Dutilleux, deux compositeurs qui assument le caractère très français de leur production musicale, sans que ceci soit en rien limitant, ni sur le plan formel, ni sur celui de l’expression. La jeune pianiste Lorène de Ratuld a eu l’excellente idée de réunir dans un même album ces deux créateurs attachés à des valeurs proches héritées notamment de Debussy.

Issue du CNR de Paris, elle a reçu les enseignements et les conseils de quelques uns des pianistes pédagogues les plus féconds : Jean-François Heisser, Christian Ivaldi, Dominique Merlet… Son itinéraire la conduit à aborder des répertoires originaux, comme une intégrale Scriabine, et des pratiques musicales ouvertes. Elle se produit beaucoup en musique de chambre et mêle souvent interprétations et improvisations, précisément en compagnie du pianiste compositeur Karol Beffa. La sonate de Dutilleux qu’elle interprète ici avec force et imagination date de 1948. Dédiée à l’épouse du compositeur, Geneviève Joy, cette œuvre mêle rigueur formelle et richesse harmonique. Comme une suite originale à Debussy ou Ravel.

De Karol Beffa, Lorène de Ratuld interprète trois œuvres échelonnées entre 2000 et 2004 : Sillage, Six Etudes et Voyelles. La rigueur compositionnelle, constamment présente ne bride en rien la mobilité d’une musique de l’impression, de la sensation, faite par endroit de micro-éléments liés entre eux, d’une succession de suggestions subtiles. Quelques harmonies évoquent parfois Scriabine, alors que le souvenir de Ligeti n’est pas très éloigné.

Lorène de Ratuld s’approprie ce langage et cette magie sonore avec un aplomb absolu. A découvrir absolument.

Partager

Bach en majesté au café Zimmermann
Les « Zimmermann » à l’œuvre : du grand art!
Un grand concert… inachevé
Le mardi 3 février dernier, le grand pianiste d’origine hongroise, Sir András Schiff, était l’invité de la 40ème saison des Grands Interprètes.
Avec Michele Spotti, de l’opéra au concert
Le jeudi 12 février à 20h, à la Halle aux grains de Toulouse, le jeune chef italien Michele Spotti est invité à diriger l’Orchestre national du Capitole.
La Rusalka du Capitole face à la caméra
Cette Rusalka sur grand écran nous transporte au cœur de la scène, au plus près des artistes.
Bel orchestre et grand piano
Le 31 janvier dernier, l’Orchestre national du Capitole donnait son dernier concert du mois sous la direction de la jeune cheffe lituanienne Giedrė Šlekytė, avec le retour du grand pianiste argentin Nelson Goerner.
Le retour de Josep Pons à la tête de l’Orchestre national du Capitole
Le samedi 7 février prochain, l’Orchestre national du Capitole retrouve le chef catalan Josep Pons, un grand habitué des concerts toulousains.