Disques

Le beau dialogue

Réunis pour la première fois au disque, deux grands artistes russes établissent un dialogue auquel leurs origines et leurs tempéraments les destinaient. Vadim Repin, violoniste profond et intègre, homme tranquille, d’une grande simplicité et d’un contact chaleureux et direct possède une sonorité d’une richesse qui rappelle celle de ses grands « ancêtres » nationaux. Quant au pianiste virtuose Nikolaï Lugansky, son jeu précis, habile, nerveux, réactif est au service d’une intelligence et d’une sensibilité admirables.

 
Ils se rencontrent souvent en concert mais apparaissent là enfin dans un programme discographique révélateur de leurs talents respectifs et de l’adéquation de leur collaboration artistique. Dans l’âpre sonate de Janáček ils parviennent à un parfait équilibre entre beauté sonore et puissance expressive. La tragédie affleure en permanence. Les deux compères soulignent avec la conviction puissante qui est la leur la brûlante intensité de cette extraordinaire partition. Leur interprétation de la belle sonate n° 2 de Grieg est d’un tout autre caractère.

La grâce légère de la partition, la présence populaire de la danse en font toute l’originalité. De la tendresse de l’Allegro tranquillo au lyrisme fiévreux du final, le dialogue fonctionne avec ce mélange de spontanéité et de raffinement. Enfin, avec la sonate de Franck, Repin et Lugansky se livrent totalement. Les contrastes expressifs prennent ici tout leur sens. Presque distants, comme ailleurs dans l’Allegro ben moderato, ils n’hésitent pas à déchaîner la plus intense des violences dans l’Allegro qui suit. L’émotion du troisième mouvement et à son comble, alors que la passion finit par l’emporter dans le final exacerbé. Une très belle première dont on espère qu’elle sera suivie d’autres rencontres.

Partager

Le retour du sombre héros de la Sérénissime
Le Théâtre du Capitole va, de nouveau, vivre à l’heure des grands frissons
Schumann symphonique avec Frank Beermann
Les 10 et 11 avril dernier, à la Halle aux Grains, le grand chef allemand Frank Beermann a dirigé les quatre symphonies de Robert Schumann.
L’éternel génie de Maurice Béjart
L’héritage de Maurice Béjart est dans de bonnes mains.
Les Arts Renaissants en mode transatlantique
La fête fut belle et le public particulièrement enthousiaste
Les grandes voix de la Messe en si
Le mardi 7 avril dernier, la Halle aux Grains recevait le Chœur accentus, le Monteverdi Choir, quatre chanteurs solistes et l’Insula orchestra, tous dirigés par Laurence Equilbey.
Kazuki Yamada de retour à la tête de l’Orchestre national du Capitole
Le 18 avril prochain, l’Orchestre national du Capitole retrouve l’un des chefs les plus souvent invités à le diriger, le Japonais Kazuki Yamada. Au programme de ce concert figurent deux pièces du répertoire français dont il s’est fait le grand spécialiste : le Concerto pour violoncelle et orchestre d’Edouard Lalo