Disques

Jonas Kaufmann célèbre sa terre d’origine

Après un premier album complètement enthousiasmant, le second récital lyrique du ténor allemand Jonas Kaufmann nous le fait découvrir dans le répertoire germanique. L’émerveillement qu’il procure n’est pas une vraie surprise. Un immense ténor s’installe aujourd’hui dans l’Histoire de l’opéra.

 

Sous la conduite somptueuse, pour ne pas dire luxueuse, de Claudio Abbado à la tête du Mahler Chamber Orchestra, excusez du peu pour un récital, des pages plus ou moins connues de l’opéra made in Germany trouvent ici une interprétation stupéfiante de musicalité et d’intention.

Ce sont certainement les extraits du Fierrabras et d’Alfonso und Estrella de Schubert qui sont les moins présents dans ce type de programme. Dommage car le lyrisme qui s’en dégage est digne des plus belles compositions de ce maître du lied romantique.

Pour ceux qui ont eu le bonheur d’entendre son Florestan à l’Opéra de Paris en décembre 2008, son interprétation présente n’étonnera pas tout en laissant encore une fois sidéré par la profondeur de cette plainte venue d’un autre monde.

Du Tamino de La Flûte enchantée mozartienne, rôle de ses débuts et toujours œuvre fétiche de ce ténor, Jonas Kaufmann a choisi bien sûr le redoutable air du portrait, mais aussi celui de la flûte suivi de la grande scène avec l’Officiant. La maîtrise absolue des incroyables difficultés techniques de ces passages se conjugue ici à une parfaite science du legato.

Mais, à vrai dire, c’est dans le répertoire wagnérien que Jonas Kaufmann est le plus attendu. Le voici donc dans Lohengrin (Récit du Graal et Adieux au cygne), La Walkyrie (air du Printemps) et Parsifal (scène du 2nd acte et final). S’il vient d’aborder à la scène son premier Lohengrin (Munich juillet 2009), ses débuts dans Parsifal sont plus anciens (Zurich 2006) et son premier Siegmund est à venir. Cela dit, on reste encore une fois totalement confondu par la musicalité, l’émotion, la puissance, la dynamique, les couleurs et le rayonnement qui émanent de cette voix aux assises graves aussi impressionnantes que la luminosité de l’aigu.

Inutile de résister, l’art de Jonas Kaufmann redistribue en permanence les cartes de nos références.

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