Né en 1975, le pianiste David Bismuth a acquis une belle réputation que cette nouvelle parution vient encore renforcer. Attaché au répertoire français qu’il défend à peu près partout dans le monde, il ne se contente pas de revisiter les œuvres les plus célèbres. Il aborde des rivages plutôt rarement explorés. En outre, il fait preuve d’une épatante originalité discographique qu’il développe chez Ameson.

Dans un précédent album, il avait associé Franck et Fauré, les deux F de la musique française (ou presque, puisque Franck est Belge !). Le voici qui place en miroir le Claude Debussy des deux Suites (Pour le piano et Bergamasque) et de l’Arabesque n° 1 et le Paul Dukas de sa rarissime sonate. C’est le tour des deux D. Fructueuse confrontation de deux compositeurs contemporains, amis, mais qui ont suivi des chemins créatifs différents. Si Debussy excelle dans les petites formes (pièces courtes, imprégnées d’harmonies nouvelles, de couleurs et de rythmes raffinés) Dukas s’exprime sur la distance. Sa vaste sonate de presque 45 minutes ne renie pas l’héritage beethovénien. Très architecturée, elle progresse par grandes envolées, de l’ampleur discursive à la violence rythmique. David Bismuth délivre un Debussy vivant, mobile, clair et très différencié, d’un flamboyant Prélude de la Suite « Pour le piano » à l’ondoyante Arabesque. Dans la sonate de Dukas, son jeu profond et très structuré anime cette belle et grande partition d’un souffle généreux. Un enregistrement réalisé à la Halle-aux-Grains de Toulouse et à découvrir absolument !

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