Le nouvel album CD de David Fray est consacré à Schubert. A 28 ans, le jeune pianiste tarbais s’est déjà forgé une forte personnalité musicale. Les récitals et les concerts auxquels il participe, les récompenses qu’il a reçues témoignent de la place qui est la sienne dans le panorama de la dynamique génération des jeunes pianistes français.

 

Après quelques enregistrements d’une grande originalité, dont un Bach-Boulez étonnant, voici un programme consacré aux plus secrètes des œuvres pianistiques de Schubert, les Moments musicaux D. 780, les Impromptus D. 899 et l’Allegretto D. 915. Composées à l’image des innombrables lieder qui jalonnent l’œuvre du compositeur, ces véritables mélodies sans paroles représentent un concentré de musique. Le premier des Moments musicaux, en do majeur, donne le ton. Celui de la confidence recueillie, de l’intimité absolue, d’un dialogue intérieur.

La douceur du toucher, le poids des silences, créent un climat automnal qui prolonge celui des grands cycles de lieder de Schubert. Ainsi murmurées, les mélodies touchent au plus profond. L’alternance majeur-mineur, si caractéristique de l’écriture schubertienne, colore le discours d’une étrange lueur crépusculaire. David Fray choisit délibérément la réserve sonore, les tempi modérés, les nuances intermédiaires, à même d’exprimer autant la détresse que le mal-être. Son piano ne cherche pas à briller, mais plutôt à éclairer chaque pièce de l’intérieur. Aux Moments musicaux et aux Impromptus qui véhiculent un climat très proche, David Fray a opportunément associé l’Allegretto en do mineur, pièce posthume d’une grande intensité. La réussite est au rendez-vous !

Partager

L’entrée triomphale d’Adriana Gonzalez dans l’histoire du Capitole
Des salves d’applaudissements saluent cette représentation avec un petit plus, mérité, pour Adriana Gonzalez.
Le retour du sombre héros de la Sérénissime
Le Théâtre du Capitole va, de nouveau, vivre à l’heure des grands frissons
Schumann symphonique avec Frank Beermann
Les 10 et 11 avril dernier, à la Halle aux Grains, le grand chef allemand Frank Beermann a dirigé les quatre symphonies de Robert Schumann.
L’éternel génie de Maurice Béjart
L’héritage de Maurice Béjart est dans de bonnes mains.
Les Arts Renaissants en mode transatlantique
La fête fut belle et le public particulièrement enthousiaste
Les grandes voix de la Messe en si
Le mardi 7 avril dernier, la Halle aux Grains recevait le Chœur accentus, le Monteverdi Choir, quatre chanteurs solistes et l’Insula orchestra, tous dirigés par Laurence Equilbey.