Danse

La Danse, une musique qui se regarde…

Jamais ces mots de Théophile Gautier, grand amateur et connaisseur de la danse, n’ont sonné plus juste que pour ce « Casse-noisette » que nous proposait à nouveau le Ballet du Capitole.

Si cette production et la chorégraphie de Michel Rahn nous étaient connues, la nouveauté était dans la fosse avec, à la tête de l’orchestre du Capitole, singulièrement étoffé pour cette soirée de ballet, Tugan Sokhiev, le nouveau chef de cette phalange.

Maria Gutierrez (photo Patrice Nin)

Habitué à Saint-Pétersbourg à la direction de ballet, il a rappelé au public toulousain l’immense richesse musicale de la partition de Tchaikovski, en lui donnant couleur et profondeur, jouant sur les nuances (ah ! les danses au palais de la Fée Dragée !). L’orchestre sous sa baguette, sous ses doigts devrions nous dire, vibre, s’amplifie, babille, gronde, murmure, caresse les danseurs, et nous transporte.

Le danger était, dans ces conditions, que le regard se porte vers la fosse plutôt que vers la scène. La tentation était grande et, avouons-le, nous y avons succombé parfois, en particulier lors du premier acte, plus pantomime que réellement ballet. La mise en scène très « cosy », parfois mièvre, nous offrit cependant de forts agréables moments. Parmi les apprentis danseurs, visiblement ravis de se trouver là, une petite danseuse tout d’orange vêtue, nous donna à voir de très jolis bras et déjà un port de ballerine.

Davit Galstyan (photo Patrice Nin)

Luca Masala campe un Drosselmeier magicien tour à tour inquiétant ou malicieux. Les grands jetés de Maria Gutierrez sont parfaits et le combat des soldats de plomb et des rats fait toujours autant frémir les enfants de la salle.

C’est avec la danse des « Flocons de neige », joliment soulignée par les chœurs de la maîtrise du Capitole, que commence vraiment le spectacle de ballet.

Le second acte nous offre toute une palette de mouvements chorégraphiques en parfaite symbiose avec la musique. Davit Galstyan, comme à son habitude, nous régale de sauts pleins de fougue.

Juliana Bastos est une liane dans les bras d’un Jean-Claude Nelson à la plastique impeccable et aux portés assurés. Que voila un couple parfaitement assorti ! Dans la célébrissime « Valse des fleurs », Magali Guerry, scintille comme la Goutte de rosée qu’elle incarne. Et que dire de nos « russes » et de nos « chinois » : ils se jouent des difficultés chorégraphiques, emportés par la fougue et la malice de l’orchestre. La Fée Dragée de Paola Pagano est royale au bras d’un élégant Jérôme Buttazzoni. Enfin Breno Bittencourt, égal à lui-même, assure avec le brio et la fougue de la jeunesse, toutes les embûches de son pas de deux avec Clara-Maria Gutierrez.

Un vrai spectacle pour enfants avec le merveilleux cadeau, pour les grands, de l’orchestre transcendé par son chef. C’était Noël !!

Juliana Bastos et Jean-Claude Nelson (photo Patrice Nin)

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