Danse

La danse made in USA

Les programmes « danse » d’Odyssud donnent la parole à tout un univers dans lequel se croisent les écoles les plus classiques comme les plus innovantes. Après avoir ouvert son plateau à la Compagnie nationale de danse d’Espagne en début de saison, puis, bifurquant vers des territoires inconnus dans lesquels la danse japonaise se fait offrande (Sankaï Juku), Emmanuel Gaillard invitait la grande Bianca Li juste avant de nous proposer un époustouflant spectacle chorégraphique intitulé Pixel. Suivait l’une des plus célèbres compagnies du monde : Alvin Ailey II, sans oublier le hip-hop et dernièrement Philippe Découflé.
Il y a déjà là de quoi satisfaire les plus exigeants. Mais la saison ne s’arrête pas là car, avant de recevoir en fin de programmation le Ballet national d’Espagne pour 6 représentations exceptionnelles fin mai début juin, voici rien moins que le L.A. Dance Project, la Compagnie créée en 2012 par l’éphémère Directeur de la Danse de l’Opéra de Paris, Benjamin Millepied.

Murder Ballades – Photo
Laurent Philippe –

L’ouverture de soirée était confiée au jeune (30 ans) danseur-chorégraphe américain Justin Peck. Ce soliste du New York City Ballet est également chorégraphe résident de cette prestigieuse compagnie. Un privilège rare qui en dit long sur son talent. Pour l’heure il présentait Murder Ballades, une pièce créée à Lyon en 2013 sur une musique originale de l’Américain Bryce Dessner. Elle met en scène 3 filles et 3 garçons. Dans un vocabulaire hardi ne reniant aucunement la grammaire classique, ces danseurs exploitent avec virtuosité les confins de leur énergie pour traduire avec légèreté parfois, avec profondeur toujours, les arcanes de « la ballade meurtrière américaine ». Peut-être pas totalement lisible, le message dramatique est surtout l’occasion d’admirer la discipline, la rigueur, l’engagement physique (extrême) de ces artistes du L.A. Dance Project.

C’est au directeur et fondateur de cette Compagnie, Benjamin Millepied, que revenait les deux autres ballets de la soirée.

Tout d’abord l’une de ses dernières créations : Bach Studies (Part 1), créée en février 2018, sur une musique de J S Bach, en l’occurrence la Partita pour violon seul n° 2. Un exercice réunissant 9 danseurs, un exercice exigeant, difficile, dont l’ambition est de traduire physiquement la musique du Père de toutes musiques. C’est à une véritable exploration haute en couleurs et en mouvements de cette célèbre partition que se livre le chorégraphe, une exploration un rien conceptuelle qui peut laisser étranger, faut-il avouer.

Le troisième et dernier ballet de la soirée s’intitule On the other side. Créé en 2016 sur une musique de Philip Glass, il se déroule devant une immense toile réalisée par Mark Bradford. La musique répétitive et minimaliste du compositeur américain né en 1937, les arabesques de 8 danseurs en duo, trio ou autre formation, finissent par interpeller, d’autant que certains moments sont plus que suggestifs. Est-ce passionnant pour autant et que nous en reste-t-il ? La réponse est dans la question bien sûr.

Saluons comme il convient cette Compagnie pour l’excellence de sa prestation, mais aussi le projet mis en route par Benjamin Millepied, projet consistant à faire travailler en commun des créateurs dans différents domaines d’activité artistique. C’est la raison d’exister du Los Angeles Dance Project.

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