Danse

Edward où le mythe revisité de Frankenstein

L’un des plus merveilleux opus du cinéaste Tim Burton arrive sur scène entre les mains du chorégraphe Matthew Bourne. Une réussite bouleversante.

Edward dans un pas de deux aussi bref qu’une illusion de bonheur (Photo Bill Cooper)

Si le film éponyme date de 1991 et marquait les débuts d’une longue collaboration entre le cinéaste et cet incroyable comédien qu’est Johnny Depp, le ballet de Matthew Bourne arrive aujourd’hui sur la scène du Théâtre du Châtelet à Paris, trois ans après sa création mondiale.

Quel cinéphile ne se souvient pas avec un immense soupir de nostalgie de cet Edward, jeune homme fabriqué par un savant fou qui, disparaissant avant de terminer les mains de sa créature, l’abandonne à la vie dotée en bout de bras de cisailles impressionnantes et dangereuses. Abandonnant le monde gothique qui l’avait vu naître, Edward s’aventure dans un faubourg peuplé d’une faune citadine diversifiée. Rejeté dans un premier temps, il deviendra ensuite une véritable star dont tout le monde souhaitera la compagnie. Mais dans le corps du monstre, un cœur bat et va rencontrer l’amour. On connaît la suite…

Sur cette trame, augmentée d’un prologue original, Matthew Bourne a composé une véritable comédie musicale… sans parole, un ballet pour trente danseurs suffisamment narratif pour que le spectateur n’ayant pas vu le film retrouve aisément le chemin de cette violente diatribe contre l’intolérance.

Edward retourne dans le monde des légendes. L’émotion est au rendez-vous

(Photo Bill Cooper)

Les années soixante éclatent de toutes leurs couleurs dans des scènes s’enchaînant à une allure folle, de même que les décors, aussi somptueux qu’impressionnants. L’humour se conjugue à l’émotion dans la permanente virtuosité d’une chorégraphie survoltée. Parfois le rire se fige, la réalité d’une civilisation en proie à ses démons s’installe et l’avenir s’assombrit pour ce jeune homme auquel on a tôt fait d’accorder toute notre sympathie et notre compassion.

Les musiques de Terry Davies et Danny Elfman vous accompagneront au bout de cet impossible rêve. Le final vous arrachera des larmes.

En ce 9 octobre, Edward était dansé par Dominic North. Petit elfe sculpteur de topiaires et de glace, immensité d’innocence et de naïveté perdue au cœur d’une société profondément réactionnaire, cet Edward, courageux, pathétique et bouleversant, envahit l’âme et vous laisse au plus profond d’une magnifique émotion. Une fascinante interprétation !

Un spectacle pour petits (pas trop quand même) et grands à ne manquer sous aucun prétexte.

Partager

Sur MeSure, l’exposition picturale et musicale
Le 25 février dernier, le voile a été levé sur une bette initiative « poly-artistique ».
Une enivrante « deuxième » Lucia au Capitole de Toulouse
Une deuxième distribution qui marque d’ores et déjà l’histoire du Capitole
Daniil Trifonov, l’effervescence pianistique
Le samedi 21 février 2026, à l’invitation de la 40ème saison des Grands Interprètes, la Halle aux Grains recevait le pianiste et compositeur russe Daniil Trifonov.
Lucia envoie le public toulousain au 7e ciel
Un coup de cœur pour le Raimondo de Michele Pertusi
Krzysztof Penderecki transcendé par Mūza Rubackytė
La pianiste lituanienne Mūza Rubackytė vient d’enregistrer le Concerto pour piano « Résurrection » de Krzysztof Penderecki.
Carlo Bergonzi m’a appris le respect absolu de la partition (Michele Pertusi)
Comment oublier aussi le plaisir que j’ai eu de chanter cet opéra avec l’Edgardo de Ramon Vargas et la Lucia de Mariella Devia au Metropolitan Opera de New York!