Concerts

Haendel fait la fête

Pour la dernière des soirées d’abonnement de sa saison 2013-2014, l’Orchestre de Chambre de Toulouse nous convie à la fête avec un déploiement instrumental exceptionnel. Les trois suites de « Water Music » composées par Georg Friedrich Haendel (ou George Frideric Handel en anglais) sont inscrites au programme de la série de quatre concerts donnés à Toulouse et à Tournefeuille. Pour l’occasion, flûtes, hautbois, bassons, cors et trompettes rejoindront les cordes de l’orchestre sous la direction de Gilles Colliard.

Haendel personnifie l’apogée de la musique baroque aux côtés de Bach et de Vivaldi entre autres. Né et formé en Saxe, installé quelques mois à Hambourg avant un séjour initiatique et itinérant de trois ans en Italie, revenu brièvement à Hanovre avant de s’établir définitivement en Angleterre, il réalisa dans son œuvre une synthèse magistrale des traditions musicales de l’Allemagne, de l’Italie, de la France et de l’Angleterre.

Georg Friedrich Haendel et le Roi George 1er d’Angleterre, le 17 juillet 1717 sur la Tamise, lors de la création de « Water Music » – Peinture d’Edouard Hamman –

Il n’est certes pas possible de rivaliser, ici et aujourd’hui, avec les fastes déployés lors de la création, à Londres sur la Tamise, de « Water Music », cette fresque musicale destinée par Haendel aux divertissements royaux de George I, souverain d’Angleterre et commanditaire de cette partition. En effet, le 17 juillet 1717, une barque, contenant près de 50 musiciens, accompagna sur la Tamise le navire royal, entre Whitehall et Chelsea. C’est à cette occasion que furent jouées deux des suites de cette « Musique sur l’eau ». La troisième suite, en revanche, n’a été créée que le 26 avril 1736 à l’occasion du mariage du Prince de Galles avec la princesse Augusta de Saxe-Gotha. Toute l’œuvre est représentative d’un style de musique d’apparat conçue pour l’exécution au grand air dont l’un des grands précurseurs fut probablement le Français Michel-Richard de Lalande qui écrivit plusieurs pièces pour les fêtes versaillaises.

L’ensemble de ces « Water Music » est composé de trois suites dont deux sont typiquement des musiques de plein air, alors que la troisième est davantage une musique d’intérieur. La Suite en fa ou ″suite pour cor″ comprend dix pièces, certaines portant l’indication « deux fois » ou « trois fois ». Il s’agit là de la suite la plus joyeuse et la plus populaire des trois. La Suite en sol ou ″suite pour flûte″ ne comporte pas de cuivres et comprend sept pièces. Elle est à la fois la plus intime et la plus aristocratique de l’ensemble. La Suite en ré ou ″suite pour trompette″ comprend cinq pièces dont les deux premières transposent un Concerto en fa écrit auparavant. La présence des cuivres lui confère une majesté et une solennité proprement royales.

La beauté relativement simple des mélodies et la spatialisation que sous-tend son écriture (la stéréophonie avant l’heure !) ont établi la popularité permanente de cette « Water Music ». Au cours des XIXème et XXème siècles l’effectif a parfois été amplement multiplié afin d’accroître le côté spectaculaire de cette musique. Dès le milieu du siècle dernier, un retour à l’instrumentation originale a été opéré. Bien que d’origine aristocratique, « Water Music » conserve l’expression d’une véritable fête musicale toujours aussi populaire.

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