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Grigory Sokolov de retour à Toulouse

Grigory Sokolov - Photo Oscar Tursunov -

Depuis des années, Grigory Sokolov a pris ses marques à Toulouse où il est l’invité cette année encore de la saison de Grands Interprètes. Ce sera le 13 mai prochain, à la Halle aux Grains. Un récital de ce brillant premier Prix au Concours Tchaïkovski 1966 résonne toujours comme un événement hors du commun. Les programmes qu’il élabore avec soin, la plupart du temps au dernier moment, reflètent bien l’originalité de ce pianiste exceptionnel et inclassable.

Paradoxe vivant à l’ère de l’hypermédiatisation, Grigory Sokolov est longtemps resté un des secrets les mieux gardés des connaisseurs du piano. Ce magistral interprète ne se répand pas en confidences sur la place publique. Sa carrière, médiatiquement discrète, l’amène à parcourir le monde avec un répertoire d’une impressionnante étendue, de William Byrd à Arnold Schönberg. Que ce soit en récital ou en concert avec orchestre, Grigory Sokolov reçoit partout un accueil enthousiaste de la part du public comme de la critique. « La musique n’est pas un métier, c’est la vie tout simplement ! L’interprétation, ce n’est pas un travail de dix minutes, de dix jours ou d’un mois. C’est le produit de toute une vie. » C’est ainsi que Grigory Sokolov, qui développe un jeu unique fait de contrôle absolu, de forte personnalité et d’une palette de couleurs sans limite, caractérise sa fonction d’artiste. L’intensité particulière de ses interprétations en fait un interprète recherché par toutes les institutions musicales du moment. S’il enregistre peu, c’est sans doute parce que la musique, à ses yeux, se vit dans la fébrilité inspirée de l’instant et ne saurait être mise en boîte une fois pour toutes.

Grigory Sokolov est né à Leningrad (aujourd’hui Saint-Pétersbourg) et a commencé ses études de musique à l’âge de cinq ans. Deux ans plus tard, il entre à l’École spécialisée du Conservatoire de Leningrad pour étudier auprès de Liya Zelikhman. A douze ans, il donne son premier récital public, mais c’est en 1966 qu’on découvre son talent prodigieux, quand, à seulement seize ans, il devient le plus jeune musicien de l’histoire à recevoir le Grand Prix du Concours International Tchaïkovski de Moscou.

Le programme de son prochain récital toulousain s’ouvrira sur la série des Vier Duette, BWV 802-805 de Johann Sebastian Bach qui intégra ces quatre morceaux dans la troisième partie de sa Clavier-Übung parue en 1739 et qui contient essentiellement des œuvres pour orgue. Il se poursuivra avec la Partita n°2 en ut mineur BWV 826, du même Bach, œuvre phare pour piano seul. Cette composition représente l’une des six suites pour clavier que Bach a publiées sous le titre Clavier-Übung I.

Les Quatre Mazurkas de l’opus 30 et les Trois Mazurkas de opus 50 de Frédéric Chopin. Le charme quelque peu rustique de cette danse n’a jamais cessé d’attirer le compositeur, particulièrement attaché à ses souvenirs de prime jeunesse.

C’est le grand cycle des Scènes de la forêt (Waldszenen) opus 82 de Robert Schumann qui complètera ce beau voyage. Les neuf pièces qui le composent témoignent de l’attrait que la nature a toujours exercé sur le compositeur.

Serge Chauzy

Programme du concert donné le 13 mai 2024 à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse

  • J. S. Bach : Vier Duette, BWV 802-805
  • J. S. Bach : Partita n°2, en ut mineur, BWV 826
  • F. Chopin : Quatre Mazurkas, opus 30
  • F. Chopin : Trois Mazurkas, opus 50
  • R. Schumann : Waldszenen (Scènes de la forêt), opus 82

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