Concerts

Création et permanence

Le jeudi 20 mars, l’Orchestre National du Capitole et son directeur Tugan Sokhiev donnent la parole (musicale) à deux jeunes musiciens particulièrement doués : le compositeur toulousain Benjamin Attahir et le hautbois solo de cet orchestre Olivier Stankiewicz. Ces deux amis de longue date, tous deux nés en 1989, partagent le même appétit musical. Le second sera le soliste du concerto pour hautbois et orchestre du premier dont ce sera la création mondiale. Webern et Schumann complètent ce programme particulièrement éclectique.
Malgré son jeune âge, Benjamin Attahir n’en est pas à son coup d’essai. Après avoir commencé ses études musicales par l’apprentissage du violon, il s’est très vite investi dans la composition et, parallèlement, a étudié la direction d’orchestre. Ses œuvres sont jouées par l’Orchestre national de France, le Tokyo Sinfonietta, l’Orchestre national de Lorraine, l’Orchestre des Lauréats du Conservatoire, l’Orchestre de l’Opéra de Massy, l’Orchestre de Caen. En septembre 2013, sa pièce Sawti’l zaman a été créée au Festival de Lucerne sous la direction artistique de Pierre Boulez. En 2008, il a déjà composé, à l’intention d’Olivier Stankiewicz, une pièce pour hautbois solo.

Le compositeur Benjamin Attahir (à gauche) et le hautboïste Olivier Stankiewicz (à droite)

– Photo Classictoulouse –

Le dédicataire de ce Concerto pour hautbois, Olivier Stankiewicz, est depuis septembre 2011 hautbois solo de l’Orchestre national du Capitole. Très impliqué dans le répertoire contemporain, il a par ailleurs remporté à 22 ans le Premier prix du Xe Concours international de hautbois du Japon, confirmant sa place parmi les éléments les plus talentueux de la nouvelle génération de hautboïstes français.

Le Concerto pour hautbois est la première pièce composée pour l’Orchestre national du Capitole par Benjamin Attahir qui déclare à son propos : « A l’heure de l’explosion des réseaux sociaux, le concerto trouve aujourd’hui un écho tout particulier, envisageant le rapport fondamental groupe / individu sous un angle dynamique et multiple (…) Ce Concerto pour hautbois et grand orchestre explorera différentes interconnexions, avant de pousser l’instrument jusqu’à ses derniers retranchements pour affronter la puissante machine symphonique (comme l’on a vu certains bloggers s’élever seuls face à des appareils d’état en apparence inébranlables, et susciter des élans politiques et populaires inespérés). » A propose du titre de cette partition, « Nur », Benjamin Attahir donne quelques indications : « J’ai joué sur la double signification du mot. En allemand, « nur » se traduit par « seulement ». En arabe, écrit sous la forme « nour », il signifie « lumière ». Je souhaitais explorer différentes couleurs et intensités lumineuses. Certains passages sont très éblouissants, d’autres très sombres. L’autre sens de « nur » (seulement) correspond au fait que toute l’œuvre est basée sur quatre notes. »

Tugan Sokhiev en répétition à la tête de l’Orchestre National du Capitole

– Photo Patrice Nin –

Cette création sera précédée de la Passacaille (Passacaglia) d’Anton von Webern et suivie de la Quatrième symphonie de Robert Schumann. L’opus 1 des trente et un numéros composés par Webern est la dernière œuvre des années d’apprentissage avec Schoenberg et la première pièce admise à son catalogue. Elle témoigne d’un postromantisme influencé par Brahms étroitement lié à l’esthétique expressionniste développée par Schoenberg.

Composée dans la foulée de sa première symphonie en 1841, la Quatrième de Schumann est en fait chronologiquement sa deuxième. Créée le 6 décembre 1841 par l’orchestre du Gewandhaus de Leipzig, la partition est, par la suite, profondément remaniée en 1851. La création de cette seconde version a lieu le 3 mars 1851 sous la direction du compositeur à Düsseldorf. Elle comporte quatre mouvements, mais elle doit être jouée d’un seul tenant, comme l’a voulu le compositeur.

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