Concerts

Cordes en trio

Les concerts des Clefs de Saint-Pierre représentent toujours une belle opportunité de découvrir ou redécouvrir un répertoire de musique de chambre rarement offert. Le deuxième concert de cette 15ème saison donne la parole (si l’on peut dire !) au trio à cordes. Voici une formation nettement moins courante que le quatuor à cordes ou le trio avec piano et qui pourtant a donné naissance à quelques grandes partitions, surtout au cours de la période classique. Mozart et Beethoven sont ainsi inscrits au programme de cette soirée du lundi 17 novembre, défendus par trois des excellents chefs de pupitre de l’Orchestre National du Capitole.
Le violoniste Daniel Rossignol, l’altiste Bruno Dubarry et la violoncelliste Sarah Iancu seront donc réunis pour interpréter la Sérénade opus 8 de Ludwig van Beethoven et le Divertimento KV 563, de Wolfgang Amadeus Mozart.

Né à Annemasse en 1962, Daniel Rossignol poursuit ses études musicales au Conservatoire de Genève où il obtient un Premier Prix en 1987, dans la classe de Corrado Romano. Nommé Premier Violon Solo de l’Orchestre des Pays de Savoie dirigé par Tibor Varga, il devint ensuite membre de l’Orchestre de Chambre de Lausanne, dirigé par Lawrence Foster. Daniel Rossignol est actuellement Violon solo de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse.

Le trio à cordes du 17 novembre. De gauche à droite : Daniel Rossignol, violon,

Sarah Iancu, violoncelle, Bruno Dubarry, alto

Bruno Dubarry, né à Limoges dans une famille de musiciens, débute le violon à sept ans et obtient une médaille d’or du CNR de Limoges à seize ans. Il se perfectionne ensuite avec Gérard Poulet. A dix-huit ans il est séduit par la sonorité de l’alto et son rôle plus discret que le violon mais si essentiel dans la musique de chambre ou orchestrale. L’année suivante il entre au CNSM de Paris dans la classe de Serge Collot où il obtient un premier prix en 1987 et parallèlement pratique la musique de chambre avec Jean Mouillère. La même année il intègre l’Orchestre National du Capitole de Toulouse et en 1992 devient alto solo, ce qui ne l’empêche pas de poursuivre une importante activité de musique de chambre.

Sarah Iancu commence ses études musicales au Conservatoire National de Région de Montpellier, puis entre au CNSM de Paris où elle obtient un Premier Prix de Musique de Chambre et un Premier Prix de violoncelle à l’unanimité. Elle est lauréate de concours internationaux : Premier Prix « Valentino Bucchi » à Rome, Premier Prix au tournoi international à Bari, Deuxième Prix des « Jeunesses Musicales Romania » à Bucarest, Prix du Fonds Instrumental Français au Concours Rostropovitch à Paris. Sarah Iancu donne de nombreux concerts en soliste (avec l’Orchestre National de la Radio Roumaine, le Nouvel Ensemble Instrumental à Paris) et musique de chambre (Festival de Radio France). Elle est depuis 2002 violoncelle solo à l’Orchestre National du Capitole de Toulouse.

Cette soirée du 17 novembre, placée sous le signe du divertimento, genre classique destiné à de petits ensembles instrumentaux, porte le titre significatif d’« Apparente légèreté ». Le Divertimento KV 563 de Mozart s’articule autour de 6 mouvements dont 2 menuets. Malgré son titre, l’œuvre est pleine de gravité et le compositeur y développe une écriture complexe et des idées audacieuses, qui ne limitent plus le divertimento à l’animation de soirées sociales. C’est d’ailleurs l’un des derniers composés par Mozart. Le ton de mi bémol majeur a été choisi par le dédicataire de l’œuvre, Johann Michael Puchberg, frère maçon du compositeur, dont l’amitié et le soutien étaient très importants pour Mozart cet été 1788.

Dix ans plus tard, Beethoven renoue avec la tradition mozartienne du divertimento, mais place son trio en ré majeur sous le signe de la Sérénade, jouée pour charmer. Les 5 mouvements alternent les atmosphères avec grâce et maestria. Dans cette partition de jeunesse, les trois instruments partagent une égale importance. Le rythme et les oppositions de tempo, ceci dès le premier mouvement (Marcia), l’opposition entre vif et lent s’inscrivent dans une écriture musicale agrémentée de rythmes pointés et des triolets de croches.

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