Opéra

Une exceptionnelle création

L’entrée au répertoire du Capitole de Toulouse du chef d’œuvre de Richard Strauss : La Femme sans Ombre (Die Frau ohne Schatten), est un événement qui dépasse largement le cadre de notre cité de par l’importance de l’ouvrage et les moyens mis en œuvre.
Créé le 10 octobre 1919 à l’Opéra de Vienne (Strauss en est directeur depuis un an), la Frau fait partie des ouvrages « noirs » de ce compositeur, avec Salomé et Elektra. L’amalgame s’arrête là car cet ouvrage de plus de trois heures a une toute autre ambition. Ecrit en collaboration avec le poète viennois Hugo von Hofmannsthal, cet opéra ne verra le jour que neuf ans après la première discussion ayant réuni les deux hommes sur ce sujet. A la décharge de ces deux génies, le rappel sous les drapeaux du poète en 1914.
Dans une lettre au compositeur en date du 20 mars 1911, Hofmannsthal évoque un projet de conte de fées et cite nommément La Flûte Enchantée comme analogie au scénario qu’il a en tête. Il n’en fallut pas davantage aux deux hommes pour s’attaquer à l’un des plus prestigieux monuments de l’art lyrique.

Andrew Schroeder

(Barak)

Janice Baird

(La Femme)

Une œuvre profondément optimiste
Le livret va mettre en présence deux couples. L’un appartient au monde supérieur, ils s’appellent l’Empereur et l’Impératrice. L’autre évolue dans l’univers des humains laborieux. Lui porte un nom, c’est Barak, il est teinturier, elle n’est pas nommée, c’est la Femme.
Une précision, l’Impératrice est d’essence divine. Sa rencontre avec un humain, fut-il Empereur, en a fait, certes, une femme, mais pas une mère. Or, les textes sacrés sont inflexibles sur le sujet. Si, dans un délai de douze lunes, l’Impératrice n’est pas mère, son mari sera pétrifié. Cette impossibilité d’être mère est symbolisée par l’absence d’ombre attachée à l’Impératrice. Un cinquième personnage, un rien méphistophélique, entre en jeu, c’est la Nourrice de l’Impératrice. Elle lui propose d’aller chez les humains d’en bas pour acheter une ombre. Sous une fausse identité, elles vont devenir les servantes de Barak et de sa femme, cette dernière pouvant enfanter mais refusant de donner une descendance à son mari…

Sur le thème de l’humanisation des personnages, cet opéra fait appel à une foule de symboles qui est à l’origine de l’image de complexité – réelle – de cet opéra.

Orchestre et distribution hors du commun
Si la Frau n’est qu’exceptionnellement affichée, il y a des raisons tangibles.
Tout d’abord un gigantesque orchestre à réunir et, ensuite, une distribution dont l’idéal ne se lève qu’une poignée de fois par…siècle.
Chasse gardée des chefs de tradition germanique (Karl Böhm en fut le plus ardent interprète), cet ouvrage réclame une connaissance approfondie de ce compositeur. Nicolas Joel a confié la fosse à notre maestro es Wagner, le chef israélien Pinchas Steinberg.
Quant à la distribution, elle devrait nous valoir quelques frissons de bonheur.
A dire vrai, ce sont surtout les trois cantatrices qui sont les plus exposées à des tessitures démoniaques et une puissance de projection qui relève du cauchemar.
La Femme sera l’Américaine Janice Baird, déjà ovationnée à Toulouse pour son Elektra et sa Brunnhilde (elle sera aussi Isolde sur notre scène cette saison).
L’Allemande Ricarda Merbeth chantera L’Impératrice, une autre Allemande, Doris Soffel, incarnera, à tous les sens du terme, la terrible Nourrice.
Côté homme, le ténor Américain Robert Dean Smith sera l’Empereur et le baryton Andrew Schroeder, qui triompha sur notre scène la saison dernière avec un somptueux Mandryka, fera ses débuts dans le rôle de Barak, l’un des personnages les plus fondamentalement bons de toute la littérature lyrique.
A propos de la mise en scène L’un des facteurs ayant contribué à la rareté des représentations de cette Frau, c’est aussi la difficulté de la mise en scène, l’action se situant sur plusieurs plans avec, en fin de second acte, rien moins qu’un tremblement de terre ! Nicolas Joel affronte crânement ce challenge, s’entourant de son trio magique : Ezio Frigerio pour les décors, Franca Squarciapino pour les costumes et Vinicio Cheli pour les lumières. Il serait étonnant, malgré les difficultés de l’entreprise, que l’on soit déçus. Une grande date de la vie de notre théâtre est en train de s’écrire

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