Concerts

Flamboyant Requiem

Un Orchestre du Capitole porté à incandescence, un chœur (l’Orfeón Donostiarra) d’une exceptionnelle qualité, un quatuor de grandes voix solistes, et surtout une direction inspirée, à la fois rigoureuse, intense et souple, voilà qui rend pleine justice au grand Verdi.

L’Orchestre du Capitole, l’Orfeón Donostiarra et les solistes, sous la direction de Tugan Sokhiev

La Messa da Requiem du généreux compositeur italien constitue en elle-même un véritable chef-d’œuvre, au sens artisanal du terme, et une réussite absolue sur le plan musical et humain. Une de ces œuvres qui vont droit au cœur de l’auditeur tant soit peu sensible. Ce 14 décembre dernier, c’était donc la Halle-aux-Grains qui résonnait des accents les plus dramatiques de cette partition flamboyante.

L’angoisse qui s’insinue dès les premières mesures sous les mots inquiets du chœur se transforme peu à peu en prière fervente. Tugan Sokhiev, à la tête de la phalange toulousaine et du chœur basque réalise là un prodigieux travail d’architecte. Sa direction, ici sans baguette, reste tout au long d’une implacable précision. Le contrôle sur les équilibres entre les pupitres de l’orchestre et les voix, sur la dynamique, comme sur le tempo est d’une parfaite rigueur sans raideur. La souplesse naît des quelques rubatos que le chef se permet avec un naturel évident.

Les quatre solistes évoquent judicieusement le quatuor vocal requis pour l’Aïda du même Verdi. Leurs couleurs vocales correspondent donc probablement à celles des créateurs de l’œuvre en 1874. Le timbre d’airain de la soprano Tatiana Serjan, les sombres couleurs de Dolora Zajick, mezzo-soprano déjà bien connue à Toulouse, l’ampleur vocale déployée par le ténor Stuart Neill, par ailleurs capable de grandes finesses, et la noirceur du timbre de la basse Carlo Colombara font ici merveille. Certaines de leurs interventions suscitent les plus fortes émotions, comme ce « Salva me » qui arrache les larmes ou le sublime « Hostias », d’une lumineuse évanescence.
L’orchestre et le chœur communient dans un même élan dynamique, conjuguant leurs qualités évidentes : rondeur et densité des sonorités instrumentales, justesse absolue, précision, beauté des voix de l’Orfeón Donostiarra. Tugan Sokhiev sculpte dans cette noble matière un monument qui s’impose à tous. Le long silence qui suit les derniers accords en dit long sur l’émotion ressentie par un public fasciné et finalement enthousiaste.

Partager

Rachmaninov et Chostakovitch avec Tarmo Peltokoski et Alexandra Dovgan
Le directeur musical de l’Orchestre national du Capitole est de retour, le 2 avril prochain, pour un concert de musique russe.
Le nouveau programme musical dirigé par Fuad Ibrahimov
Le concert donné par l’Orchestre national du Capitole, le 26 mars dernier, devait bénéficier de la participation soliste de Martin Fröst. Pour des raisons de santé, le grand clarinettiste suédois a été contraint d’annuler sa venue.
Le Béjart Ballet Lausanne fait escale à Toulouse
« Je suis persuadé que l’universalisme de Maurice Béjart parle au plus grand nombre. »
Capitole de Toulouse 26/27 – Faire respirer l’air des chefs-d’œuvre.
« Dans mon travail je n’ai qu’une obsession : le public »
Les Arts Renaissants des deux côtés de l’Atlantique
Le mardi 31 mars prochain, l’association Les Arts Renaissants reçoit, à l’auditorium Saint-Pierre des Cuisines, trois musiciens aux talents éclatants et complémentaires.
BALLET DU CAPITOLE – TROIS CYGNES : LE PARI RÉUSSI DE BEATE VOLLACK  
Lorsque l’on parle de cygnes dans le monde de la Danse, les images se bousculent dans notre esprit : la blanche Odette, la noire Odile, Siegfried le Prince éperdu, Robarth le machiavélique, mais aussi les quatre petits cygnes, les envolées de tulle, les velours et les ors. Le Lac des