Après une ouverture lyrique magistralement dirigée par Stéphane Delincak à la tête de son ensemble A bout de souffle, ouverture qui nous a permis d’entendre Anacréon et Actéon, voici donc le premier spectacle chorégraphique de la saison 2017/2018 du vaisseau amiral de la culture blagnacaise. Et quel spectacle !

Pour l’occasion, Emmanuel Gaillard a invité la Compagnie Nationale de Danse d’Espagne (CND), dirigée depuis septembre 2011 par l’ancien danseur Etoile de l’Opéra de Paris : José Carlos Martinez. Forte de 50 membres, cette Compagnie aborde aujourd’hui tous les répertoires, depuis ceux qui ont fait la gloire de la danse académique au 19ème siècle jusqu’à la création contemporaine. C’est d’ailleurs dans ce dernier segment de répertoire qu’elle se présentait à Blagnac avec une commande faite au chorégraphe suédois Johan Inger en 2015, commande dont le thème portait sur le personnage immortalisé par Prosper Mérimée : Carmen.

Carmen et ses admirateurs

Même si la musique de ce ballet est la partition de Georges Bizet revisitée par Rodion Shchedrin et Marc Alvarez, il ne s’agissait pas d’en faire ici une simple versification chorégraphique avec tout le folklore que l’on imagine facilement. Non, l’objectif clairement établi était de revisiter le mythe de la célèbre cigarière. Et c’est un Suédois qui va le faire ! Il va pour cela utiliser le regard d’un enfant dont l’histoire ne dit pas précisément s’il est fantasmé ou non par Carmen et Don José. Cet enfant va être le témoin douloureux de cette course à l’abîme qui conjugue de manière sanglante la séduction, la trahison, la jalousie et le meurtre. Exit Séville, nous voici dans une banlieue par définition anonyme, théâtre de toutes les violences. De rares éléments de décors mobiles délimitent des univers dans lesquels des personnages habillés façon sixties se croisent, s’évitent, se poursuivent ou se cherchent dans l’éternel ballet de l’attraction et de la répulsion. Solos, pas de deux et ensembles émaillent cette chorégraphie audacieuse mais lisible, sensuelle sans être provocante, exigeante et terriblement émouvante. Un exemple parmi d’autres, le pas de deux sur « l’air de la fleur » entre Carmen et José. Un sommet d’émotion !

Carmen et Escamillo

Kayoko Everhart, Première danseuse dans cette Compagnie, s’empare du rôle de Carmen avec une fougue indomptable pour le porter jusqu’au point de fusion final. A ses côtés, Daan Vervoort (Soliste) est un José tout en retenue et en douleur, révolte et abandon. C’est également un Premier danseur de la Compagnie, Isaac Montllor, qui revêt les habits d‘Escamillo, en l’occurrence ici ceux d’une improbable rock star. Athlétique et puissant, il incarne à merveille cet obscur objet d’un désir assumé. En fait, c’est l’ensemble de cette troupe qu’il convient de saluer pour une prestation qui la hisse sans discussion aucune au rang des meilleures européennes. Le travail de refondation accompli par José Carlos Martinez est en tous points remarquables et donne une furieuse envie de la revoir !

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