Festivals

La légende se perpétue

Depuis sa création en 1876, le festival fondé par Richard Wagner pour la représentation exclusive de ses propres œuvres lyriques semble avoir surmonté tous les avatars de l’histoire. Les années noires des guerres mondiales ont interrompu un temps la fête wagnérienne qui a repris de plus belle dès 1951, année à partir de laquelle le festival a adopté son rythme annuel. Cas unique dans l’histoire, ce sont les membres de la famille du compositeur qui n’ont jamais cessé de régner à la tête de cette entreprise exceptionnelle.
Se sont ainsi succédé à la direction du festival, tout d’abord la veuve de Richard Wagner, Cosima, puis son fils, Siegfried. La veuve de ce dernier, Winifred, prit le relai à la mort presque simultanée de Cosima et de Siegfried. Ses relations amicales avec un certain Adolf Hitler ayant quelque peu terni son image, les deux petits-fils, Wieland, disparu en 1966, et son frère Wolfgang, encore en activité à 89 ans, ont successivement dirigé le festival à partir de 1951.

L’heure d’une nouvelle passation de pouvoir semble avoir sonné. Les animosités, les rivalités, les disputes ouvertes même qui opposent les uns aux autres les descendants de Richard Wagner ne reflètent en rien l’harmonie que prétend apporter la musique. La passion, les jeux de pouvoir qui nourrissent les légendes illustrées par le grand compositeur donnent l’impression ici de déborder dans la vraie vie !

Le directeur du festival, Wolfgang Wagner, et sa fille Katharina appelée à lui succéder dans cette fonction – Photo Eckehard Schultz

Quoiqu’il en soit, c’est le Conseil de la Fondation Richard Wagner qui désignera la nouvelle direction. L’actuel directeur, Wolfgang Wagner, ayant annoncé la cessation de ses activités dès septembre prochain, la décision de sa succession devrait être connue dès la rentrée 2008-2009. Il se murmure ici ou là que le tandem constitué des deux filles de Wolfgang, Eva (née d’un premier mariage) et Katharina (née du second) garde la faveur de la plupart des décideurs, y compris celle du patriarche actuel…

L’héritage en question reste néanmoins une exceptionnelle manifestation artistique qui attire tous les ans une multitude de visiteurs passionnés souvent frustrés de ne pas pouvoir obtenir ces billets tant convoités.

En outre, les productions des opéras, ou drames lyriques, de Wagner représentés dans la mythique salle du « Festspielhaus » dominant la « colline verte », ne cessent d’évoluer. Après une période d’apparente stagnation autour de représentations scéniques que l’on a pu qualifier de « traditionnelles », les metteurs-en-scène les plus « modernes » ont eu accès au Festspielhaus : de Götz Friedrich à Patrice Chéreau, très contestés dans les années 70, jusqu’aux sulfureux Christoph Schlingensief ou Christoph Marthaler aujourd’hui. La création, lors de cette édition 2008, d’une nouvelle production de Parsifal signée du jeune metteur-en-scène norvégien Stefan Herheim ravive d’ailleurs les polémiques et dérange autant qu’elle peut passionner.

Autre préoccupation, la disparition des « grandes » voix wagnériennes du passé qu’évoquent avec nostalgie les plus anciens des visiteurs. Chaque année de nouveaux talents n’en émergent pas moins, munis de qualités différentes, attachés à d’autres caractéristiques que les seuls critères vocaux. L’édition 2008 en est un exemple supplémentaire.
Le festival de Bayreuth vit, prospère et perpétue une légende que les métamorphoses qu’il subit n’entament pas pour autant.

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