Festivals

Le grand jeu

Rarement le terme « jeu » aura été aussi complètement justifié dans ses deux acceptions courantes de jeu musical et d’amusement que lors du concert du 17 septembre dernier de Piano aux Jacobins. Martha Argerich et Nelson Freire, qui se connaissent depuis leur enfance, s’associent souvent dans des duos de piano anthologiques qui bénéficient de leur profonde affinité, de leur authentique fraternité.

Ils étaient donc réunis, ce 17 septembre, sur le plateau de la Halle-aux-Grains toulousaine pour un concert inespéré. Inespéré car Nelson Freire, initialement programmé seul, avait finalement convaincu son amie Martha de se joindre à la fête. Et ce fut un véritable bonheur ! Tant de connivence, de complicité musicale, de respect mutuel nourrissent le bonheur de l’écoute.

Alternant les pièces à quatre mains (les doigts qui s’effleurent, qui se mêlent sur le même clavier) et à deux pianos (l’échange des regards), les deux compères explorent avec l’immense talent qui est le leur ce répertoire rare mais ô combien stimulant.

Dans la sonate en ré pour piano à quatre mains de Mozart, les trilles pétillent comme du champagne, le final fourmille de détails en forme de clins d’œil pleins d’humour.

La version pour deux pianos des Danses Symphoniques, œuvre ultime de Rachmaninov, représente une sorte de bilan de l’art du grand compositeur russe. Richesse harmonique et mélodique, foisonnement rythmique sont pain béni pour les deux interprètes. Les échanges de phrases, les emportements lyriques, la bouillante énergie éblouissent à plus d’un titre.

Autre russe, autre tempérament, Chostakovitch joue sur l’ambiguïté. Débutant comme l’andante du 4ème concerto pour piano de Beethoven, le Concertino pour deux pianos mêle joie apparente, impertinence même, et inquiétude enfouie. L’esprit très particulier de cette partition plane sur l’interprétation des deux compères.

Nouveau changement d’atmosphère avec le Grand Rondo en la, pour piano à quatre mains du grand Schubert. Les touchers de Martha et Nelson se font plus fluide, plus tendre. Le lyrisme de la mélodie, toujours si proche de celui du lied, se pare d’une touchante nostalgie.

L’éblouissante version pour deux pianos de la partition de « La Valse » de Ravel clôt ce programme. Un véritable festival de richesse sonore, de l’ombre à la lumière, qui semble illustrer le vers de Baudelaire « Valse mélancolique et langoureux vertige… » Toutes les couleurs de l’orchestre sont en germe dans cette interprétation fulgurante.

Trois bis, de Rachmaninov à Ravel (deux extraits de « Ma Mère l’Oye », dont le carillonnant « Laideronnette impératrice des pagodes ») parviennent difficilement à calmer l’enthousiasme du public.

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