Opéra

Benjamin Britten poursuit son chemin au Capitole

Agnieszka Rehlis (Lucrèce) - Photo: Karpati et Zarewicz

C’est avec Billy Budd et sous la direction capitoline de Nicolas Joel, que Benjamin Britten (1913-1976) a fait une entrée, à vrai dire fracassante, sur la scène du Théâtre du Capitole en 1994.  Vont suivre : Curlew River (1999), Peter Grimes (2002), Albert Herring (2013). Sans oublier, décentralisées et à vocation pédagogique, les représentations du Petit Ramoneur et de L’Arche de Noé. Plus récemment, ce fut le tour d’Owen Wingrave et Le Tour d’écrou (2014). Dernièrement, Christophe Ghristi nous proposait, à l’Auditorium Saint-Pierre-Des-Cuisines, une soirée exceptionnelle autour des Canticles. Et puisque nous parlons mélodie, comment ne pas citer cette soirée du 19 février 2007 qui voyait sur la scène du Capitole, accompagné par Helmut Deutsch, un ténor promis à un grand avenir, Jonas Kaufmann, nous interpréter de manière inoubliable les Seven Sonnets of Michelangelo. Ce brin d’histoire pour dire et souligner combien ce compositeur fait aujourd’hui partie des grands classiques favorablement accueillis par le public toulousain.

The Rape of Lucretia (Le Viol de Lucrèce)

 C’est en 1946 que le jeune Benjamin Britten, il a alors 33 ans, fait créer Le Viol de Lucrèce à Glyndebourne, avec l’immense contralto anglaise Kathleen Ferrier (1912-1953) dans le rôle-titre. Cette artiste inoubliable ignore encore qu’il ne lui reste qu’une poignée d’années à vivre….

L’histoire que raconte cet opéra est semi-légendaire.  Le viol suivi du suicide de Lucrèce en 509 avant JC aurait sonné la fin de la dynastie étrusque qui régnait sur Rome, ouvrant ainsi la porte à la République romaine.

Peu de personnages, 8 au total, et 13 musiciens. Un opéra en deux actes aux effectifs chambristes d’une durée de 1h40 qui sera joué sans entracte. Chambriste d’autant plus que dans les huit interprètes il y a … les chœurs ! En effet, le Chœur féminin sera tenu par Marie-Laure Garnier, et son pendant masculin par Cyrille Dubois. Le rôle-titre nous vaut la découverte de la mezzo polonaise Agnieszka Rehlis, celle-là même qui vole de triomphes en triomphes dans les grands rôles… verdiens ! Le baryton anglais Duncan Rock sera Tarquin, aux côtés du baryton-basse allemand né en Ecosse Dominic Barberi(Collatin) et du baryton français Philippe-Nicolas Martin (Junius).  Juliette Mars (Bianca) et Céline Laborie (Lucia) complètent cette distribution de haut vol qui sera placée sous la direction du maître allemand Marius Stieghorst.

Duncan Rock (Tarquin)

Cet ouvrage fait son entrée au répertoire du Capitole dans une nouvelle production confiée pour la mise en scène à Anne Delbée. Soulignons que les costumes sont signés de Mine Vergès, celle-là même qui a sculpté de ses doigts de fée les silhouettes devenues iconiques de Barbara, Gréco, Dalida et de tant d’autres.

Le Viol de Lucrèce, une découverte certainement pour de nombreux mélomanes. Encore un rendez-vous précieux dans cette saison qui n’en finit plus de nous en proposer.

Robert Pénavayre

Représentations les 23,26,28 et 30 mai 2023 Renseignements et réservations : www.opera.toulouse.fr

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