Festivals

Lugansky et la Catalogne

Le 11 septembre dernier, Piano aux Jacobins invitait le grand pianiste russe Nikolaï Lugansky et l’Orquestra Simfònica de Barcelona i Nacional de Catalunya dirigé par son responsable musical, le Japonais Eiji Oue. Cet étonnant brassage de nationalités rendait hommage au grand répertoire russe romantique.

Le pianiste russe Nikolaï Lugansky et le chef japonais Eiji Oue à la tête de la

phalange catalane

Dans l’une des plus célèbres partitions de ce répertoire, le 1er concerto pour piano et orchestre de Tchaïkovski, Lugansky déploie son implacable technique de virtuose. Son jeu précis, habile, nerveux, réactif est au service d’une intelligence et d’une sensibilité admirables. Il ne se contente pas de briller dans les passages héroïques. Les moments de rêverie qui calment les exaltations de l’allegro initial, la poésie de l’andante, les attentes pleines d’adrénaline du final brossent un riche tableau de cet artiste attachant. Une Etude-tableau de Rachmaninov, offerte en bis prolonge sa belle prestation.

L’accompagnement orchestral est assuré par un orchestre catalan bien sonore aux timbres riches et chaleureux. La précision des attaques n’est pourtant pas toujours ce qu’elle devrait être. Un moment d’égarement passager écorne même le premier mouvement du concerto, mais la conviction reste toujours présente.

Reconnaissons que le chef de cette phalange, Eiji Oue, est un spectacle à lui seul. Arborant en permanence un large sourire de bonheur, il prend manifestement un grand plaisir à la tête de son orchestre. Ici croisant ses bras, là pointant sa baguette immobile vers les cuivres avant de carrément décoller de son podium ! Dans la vaste et très lyrique 2ème symphonie de Rachmaninov, il adopte des tempi particulièrement retenus, à la limite de la lourdeur, mais jamais ennuyeux, et qui soulignent bien le lyrisme exalté de l’œuvre. L’orchestre réalise de beaux solos, parmi lesquels brille tout spécialement un magnifique cor anglais.

Alors que les musiciens de l’orchestre témoignent leur reconnaissance à Eiji Oue, le public fait un vrai succès à la phalange et à son chef.

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