Disques

Une première parution du Quatuor Arod

Ils sont quatre jeunes gens liés par une passion commune de la musique de chambre. Fondé en 2013, le Quatuor Arod réunit Jordan Victoria et Alexandre Vu (violons), Corentin Apparailly (alto) et Samy Rachid (violoncelle). Leur première parution discographique investit la musique de chambre de Mendelssohn dans un programme original, intelligemment construit et ardemment défendu.
Détenteurs du Premier Prix du prestigieux Concours International de l’ARD de Munich en 2016, ces quatre musiciens avaient déjà remporté le Premier Prix du concours Carl Nielsen de Copenhague en 2015 et le Premier Prix du Concours européen de la FNAPEC en 2014. En 2017, le quatuor Arod a été nommé « BBC New Generation Artist » pour les saisons 2017 à 2019. C’est dire l’intérêt que suscite chacune de ses prestations. Le premier album CD de l’ensemble, qui vient de paraître, est donc consacré à quelques œuvres écrites par Mendelssohn pour cette formation.

D’une manière générale, le Quatuor Arod présente une qualité impressionnante d’exécution. Au-delà de la perfection virtuose du jeu de chaque musicien, l’équilibre entre les différents registres, la cohésion de chaque exécution s’imposent dès les premières mesures. Il ne s’agit pas ici de la simple superposition de quatre talents individuels, indéniables par ailleurs, mais d’un vrai travail d’ensemble sur les partitions abordées. La conception que défend ce quatuor de musiciens des pièces de Mendelssohn rassemblées ici s’attache à fouiller au maximum chaque mesure, chaque ligne, chaque thème.

Le travail d’analyse dépasse la simple lecture. Ainsi, les musiciens chargent le quatuor op. 44 n° 2, composé lors d’une période heureuse du compositeur, d’une intensité dramatique qui suggère bien autre chose que de la sérénité. La passion anime en outre tout le quatuor op. 13, en la mineur, composé en 1827 sous le coup de l’émotion suscitée par la mort de Beethoven. Les quatre pièces rassemblées sous le numéro d’op. 81 datent de périodes différentes, mais les interprètes s’appuient à juste titre sur la date des deux premières pièces, 1847, contemporaines de la mort de Fanny, la sœur bien-aimée du compositeur. Même si les pièces suivantes de cet opus s’avèrent bien antérieures (1843 et même 1827), le drame ne quitte pas le devant de la scène.

En outre, très intelligemment, les musiciens concluent leur programme par le lied « Frage » (Question) composé en juin 1827 et dont le contenu musical imprègne totalement le quatuor op. 13 en la mineur. Ce lied est chanté ici par l’excellente Marianne Crebassa, dans un arrangement pour cordes et voix de Corentin Apparailly, l’altiste du quatuor.

Les Arod manifestent, tout au long de cet intelligent et sensible parcours mendelssohnien, une présence, un engagement dont on peut parfois regretter quelques surcharges expressives, péchés de jeunesse, mais dont on ne peut nier la sincérité. A coup sûr voici un ensemble à suivre !

Article mis en ligne le 20 décembre 2017

Partager

Tarmo Peltokoski et Alexandre Kantorow : l’apothéose de la riche saison de l’Orchestre national du Capitole
Le dernier concert toulousain de la saison symphonique de l’Orchestre national du Capitole, le 30 mai dernier, réunissait à la Halle aux grains Tarmo Peltokoski et Alexandre Kantorow.
Le meilleur de la guitare
Le vendredi 29 mai à 20h, la saison de Toulouse Guitare accueillait, à la Chapelle des Carmélites de Toulouse, la dernière invitée de sa saison.
Franco Fagioli rend hommage au dernier castrat
La pierre la plus précieuse et rare d’une saison qui contient déjà bien des trésors
Leonardo da Vinci…code
Un suspense digne du scénario d’un fascinant blockbuster existentiel.
Le récital toulousain de Pretty Yende aux Grands Interprètes
Le dernier concert de la 40ème saison des Grands Interprètes, le 28 mai dernier, a reçu pour la première fois à Toulouse la soprano sud-africaine Pretty Yende.
Reinoud Van Mechelen fait entrer Les Boréades au répertoire du Capitole
En cette soirée du 27 mai 2026, une salle comble et une ovation générale sont venues saluer l’entrée au répertoire du Théâtre du Capitole du dernier opéra de Jean-Philippe Rameau : Les Boréades. C’est dans une version concert et au cœur d’une tournée européenne, qui amènera l’œuvre de Dortmund à