Disques

Un oratorio de la douleur

De nombreux musiciens ont mis en musique cet épisode du Nouveau Testament. Il concerne la Passion du Christ et plus particulièrement le moment où Marie est au pied de la Croix sur laquelle son Fils est en train d’expirer. Depuis Josquin des Près à la Renaissance, jusqu’à Arvo Pärt en 1985 et le musicien gallois Karl Jenkins en 2008, en passant par Giuseppe Verdi en 1898, les compositeurs ayant contribué à illustrer musicalement La Vierge debout au pied de la Croix sont légion. De même que les peintres. Pour l’heure nous sommes en  1736.

Un jeune compositeur de génie de 26 ans n’a plus que quelques semaines à vivre. Le plus célèbre des surnuméraires de la Chapelle royale du vice-roi autrichien de Naples achève in extremis la commande d’un Stabat Mater provenant de la confrérie napolitaine des Chevaliers de la Vierge des Sept Douleurs. Ce jeune compositeur, Giovanni Battista Pergolesi, a déjà à son actif plusieurs opéras seria et buffa dont l’un, La serva padrona, est à l’origine de la fameuse « Querelle des Bouffons » opposant ramistes et rousseauistes au milieu du 18ème siècle.

Cette anecdote est tout sauf anodine car elle montre combien l’œuvre a le pouvoir de représenter le nouveau style italien dans toute sa modernité. Force est de constater que ce Stabat Mater possède une facture très opératique, non seulement au travers de ses arias et duos, mais aussi dans l’emploi d’une écriture vocale  dans laquelle se croisent à foison trilles et vocalises. A l’image de celui sur le  Requiem de Verdi, le débat sur le caractère religieux de ce Stabat Mater ne sera jamais clos. Est-il admissible d’employer de tels moyens d’écriture pour évoquer une si  émouvante lamentation ? L’Histoire a plutôt répondu par l’affirmative, faisant de cette pièce l’une des plus célèbres et souvent affichées de ce compositeur.

Ecrite pour soprano et alto, des voix féminines le plus à même de traduire la douleur maternelle, il est d’usage aujourd’hui de confier la partie alto à un contre-ténor. C’est le choix du présent enregistrement fait en 2012 et dirigé par Diego Fasolis à la tête de son ensemble I Barocchisti et du Chœur de la Radiotélévision suisse. La jeune soprano russe de 24 ans Julia Lezhneva et le contre-ténor français Philippe Jaroussky forment un duo de voix séraphiques dont le pouvoir émotionnel est immédiat. S’affranchissant par une technique hors pair des pires difficultés de cette partition, ils nous amènent sur des sommets de douleur et de compassion.

Le programme de cet enregistrement est complété par deux œuvres du même compositeur, un  Laudate pueri Dominum et un  Confitebor tibi Domine, précieux rescapés d’une production liturgique aujourd’hui disparue. Ils nous font entendre un Pergolesi flamboyant, utilisant par exemple des coloratures dans l’Amen du Confitebor. Dramatisme se conjugue ici encore avec cette légèreté d’expression qui est bien le sceau du musicien.

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