Disques

Tchaïkovski formidablement latin

Le phénomène Gustavo Dudamel ne cesse pas d’étonner et de séduire. Rappelons que le Simón Bolivar Youth Orchestra of Venezuela que dirige ce jeune prodige est le produit d’un système éducatif exemplaire, fondé en 1976 par José Antonio Abreu qui décida de créer un orchestre dans chaque école de son pays. L’orchestre national, qui est l’émanation de ces « cellules » de base, réunit quelques deux cents enfants et jeunes gens, de 12 à 26 ans, issus de tous les milieux sociaux et de toutes les régions du pays. Il irrigue toute la vie musicale du pays et constitue un ambassadeur culturel exceptionnel du Venezuela.

 
L’arrivée de Gustavo Dudamel à la tête de cette formation unique a donné une impulsion considérable à son développement. Sa participation au festival d’Edimbourg 2007 a marqué les esprits. Son charisme, son enthousiasme communicatif font de chaque concert une véritable fête. Cet enthousiasme transparaît dans chaque enregistrement réalisé par cette formation. Après Beethoven, Mahler et un programme d’Amérique latine, cet orchestre de jeunes confère à Tchaïkovski une vitalité, une intensité et un lyrisme électrisant.

Dans la 5ème symphonie, Gustavo Dudamel construit un grand crescendo qui transporte l’auditeur de la dépression initiale à l’une des conclusions les plus optimistes de Tchaïkovski. Le poème symphonique « Francesca da Rimini », qui complète la symphonie, atteint ainsi des proportions mythiques. Quel final enflammé ! Cet enregistrement public, reflet d’un concert donné dans la salle Simón Bolivar de Caracas, s’achève sous les acclamations enthousiastes d’un public exubérant auquel on aimerait se joindre…

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