Disques

Musiques pour le plaisir

Né en 1976 à Toulouse, au sein d’une famille mélomane, et après des études musicales de piano, Vincent Jockin se consacre entièrement à la composition dès l’obtention d’un Baccalauréat scientifique. Il poursuit ses études à l’Université, puis au conservatoire, en cycle supérieur. Compositeur depuis plus de quinze ans, Vincent Jockin (membre de la SACEM) est l’auteur d’une bonne quarantaine de pièces pour formations diverses (orchestre, chœur, quatuor, piano, etc.) dont certaines ont été créées (France, Bulgarie, Espagne), et d’autres remarquées au niveau international lors de festivals et concours de composition (USA, Royaume-Uni). Après un premier enregistrement en 2009, produit en grande partie par des souscripteurs, il édite enfin cette année un album entièrement consacré à sa musique et intitulé « Works, Volume 1 ».

Enregistré et réalisé au F.A.M.E.’S. Project Studio (Skopje, République de Macédoine) par les musiciens du Macedonian Radio Symphonic Orchestra, ce CD réunit onze pièces très diverses conçues entre 2000 et 2011. Partitions pour orchestre symphonique, orchestre de chambre, piano seul, violon seul, ensemble à vent ou chœur, elles témoignent d’une personnalité originale qui ne se veut d’aucune école. Il déclare que son idéal musical est « une forme sonate de Mozart avec le langage harmonique d’un John Williams ! »…

La plupart des pièces enregistrées ici constituent des hommages aux grands maîtres du passé considérés comme des modèles. Ainsi en est-il de la spirituelle Miniature : An die Freude, sorte de variation originale, et que l’on devine admirative, sur l’Hymne à la joie de la 9ème symphonie de Beethoven. La marche des petits soldats de bois, qualifiée à juste titre de plaisanterie musicale, se construit sur le rythme immuable du Boléro de Ravel, alors que le Prélude op. 26 n° 2, pour violon seul, dédié à J. S. Bach, évoque irrésistiblement l’écriture du maître, un peu à la manière d’un Eugène Ysaÿe dans l’une des ses Sonates. Un hommage à Gustav Mahler, astucieusement associé à Samuel Barber, prend la forme et l’esprit d’un Adagio (ou d’un Adagietto !) nostalgique intitulé Nos âmes mortes. Et puis quelques belles pièces pour piano seul font référence à Mozart, à Chopin ou à Grieg. Farfalle associe la flûte et la clarinette basse dans un touchant duo, alors que Shakespeare Song illustre, à travers un chœur a cappella parfaitement architecturé, un poème extrait de la comédie Beaucoup de bruit pour rien de l’auteur élisabéthain. Enfin, la première et la dernière œuvre de l’album plongent leurs racines dans le chant traditionnel bulgare auprès duquel Vincent Jockin semble se ressourcer.

Voici une musique élaborée, riche, personnelle, qui s’écoute aisément comme un ruisseau qui serpente en liberté. Une musique du plaisir.

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