Disques

La jeunesse du clavecin

A 23 ans à peine, Jean Rondeau occupe déjà une place importante dans le monde du clavier baroque. Le 2 février dernier, il remportait une Victoire de la Musique Classique dans la catégorie des Révélations Instrumentales de l’année. Le 23 juillet 2014, il était l’invité du festival Toulouse d’été et fascinait par sa maturité mais aussi par sa simplicité et son naturel. Voici que paraît son premier album CD, entièrement consacré à Johann Sebastian Bach, le « patron » comme le surnomme familièrement le jeune musicien.

Les fées ont dû se pencher très fort sur son berceau. Lorsqu’on se nomme Rondeau, on n’échappe pas à l’attraction musicale. « Tombé un peu par hasard sur le clavecin », comme il le déclare volontiers, Jean Rondeau a eu un « coup de foudre » pour cet instrument.

Formé auprès de la grande Blandine Verlet, puis au Conservatoire de Paris et à la Guildhall School de Londres, il a déjà décroché plusieurs prix  internationaux dont la liste en dit long sur le talent qui est le sien. Le Premier Prix du prestigieux Concours International de clavecin de Bruges, obtenu en 2012, constitue probablement la plus flatteuse de ses récompenses. Il se produit aujourd’hui dans les plus grands centres musicaux d’Europe et d’Amérique du Nord. Il joue aussi régulièrement avec le groupe de jazz Note Forget et avec Nevermind.

Son allure d’adolescent décontracté, coiffé en pétard, n’empêche pas Jean Rondeau de déployer un jeu étonnant de naturel, de finesse et de fluidité, mais aussi et surtout d’inventivité. Ce premier album, baptisé « Imagine », est essentiellement consacré à des transcriptions pour le clavecin de pièces composées par Bach pour d’autres dispositifs instrumentaux comme le luth, le violon ou la flûte. La transcription représente une constante du monde baroque que Bach lui-même a pratiquée tout au long de sa vie. Elle se révèle ici bien en situation et parfaitement réalisée. Dans la suite pour luth BWV 997 comme dans la Sonate pour violon BWV 1003, peut-être transcrite par l’un des fils du Cantor, Wilhelm Friedemann, la richesse des phrasés et la respiration bien dosée animent joliment un propos sans dogmatisme. Deux autres pièces pour violon seul s’ajoutent à ce florilège de la transcription. La fameuse Chaconne de la Partita BWV 1004 constitue un monde en soi. Elle est jouée ici dans une transcription pour les deux mains de la… transcription pour le piano, et pour la seule main gauche, réalisée par Johannes Brahms. Ce double « arrangement » n’est en rien perceptible. Le feu d’artifice éclate avec jubilation. L’Adagio de la Sonate pour violon BWV 968, dont la transcription est attribuée à Wilhelm Friedemann Bach clôt ce parcours sur une image de la paix de l’âme.

Néanmoins, avant cette conclusion paisible, Jean Rondeau  prend le contrepied de la transcription en abordant le célèbre Concerto « Dans le goût italien » BWV 971, composé, lui, explicitement pour le seul clavecin. L’instrument prend ici des allures d’orchestre : la jubilation sous les doigts de Jean Rondeau dont on attend la suite de sa déjà brillante carrière.

Partager

L’éternel génie de Maurice Béjart
L’héritage de Maurice Béjart est dans de bonnes mains.
Les Arts Renaissants en mode transatlantique
La fête fut belle et le public particulièrement enthousiaste
Les grandes voix de la Messe en si
Le mardi 7 avril dernier, la Halle aux Grains recevait le Chœur accentus, le Monteverdi Choir, quatre chanteurs solistes et l’Insula orchestra, tous dirigés par Laurence Equilbey.
Kazuki Yamada de retour à la tête de l’Orchestre national du Capitole
Le 18 avril prochain, l’Orchestre national du Capitole retrouve l’un des chefs les plus souvent invités à le diriger, le Japonais Kazuki Yamada. Au programme de ce concert figurent deux pièces du répertoire français dont il s’est fait le grand spécialiste : le Concerto pour violoncelle et orchestre d’Edouard Lalo
Un grand duo aux Arts Renaissants
Le 17 avril prochain en l’Eglise Saint Jérôme de Toulouse, pour le dernier concert de la série, Les Arts Renaissants invitent Thomas Dunford et Théotime Langlois de Swarte.
Mathias Goerne invite Gustav Mahler au Capitole
Le prestigieux « familier » du Capitole