Deux musiciennes passionnées décident de répondre positivement à la célèbre question posée jadis par Françoise Sagan : « Aimez-vous Brahms ? » La violoncelliste Hélène Dautry et la pianiste Sandra Chamoux s’associent pour investir le court répertoire consacré par le compositeur à leurs deux instruments. Les deux sonates pour piano et violoncelle (dans cet ordre) de Brahms, séparées par un quart de siècle, font partie de la grande littérature pour cette formation, aux côtés des sonates de Beethoven.

Hélène Dautry possède un parcours musical atypique par l’exceptionnelle rapidité de son déroulement. Initialement orientée vers le piano, elle a débuté le violoncelle à l’âge de quinze ans et obtenu cinq ans plus tard son admission au CNSM de Paris dans la classe de Maurice Gendron. Trois années d’études lui ont suffi pour obtenir un brillant 1er Prix.

Quant à Sandra Chamoux, elle est issue du Conservatoire de Grenoble et a obtenu plusieurs prix internationaux (Concours Viotti et Busoni). Après avoir travaillé avec de grandes personnalités du piano comme Catherine Collard et Vlado Perlemuter, elle a rejoint plusieurs ensembles de musique de chambre et forme depuis 2015 un duo avec la violoncelliste Hélène Dautry.

Les deux musiciennes abordent les deux sonates de Brahms avec musicalité et passion. Achevée en 1865, la Sonate n° 1 en mi mineur privilégie la beauté des contrastes thématiques, la pureté des lignes mélodiques.

L’interprétation du duo Dautry-Chamoux témoigne d’une certaine gravité d’où surgissent quelques élans passionnés qui évoquent la poésie des atmosphères nordiques chères au compositeur.

La Sonate n° 2 en fa majeur est l’œuvre d’un grand solitaire, proche de la nature. Le compositeur de 53 ans déploie dans cette partition intense et colorée une sorte de lyrisme héroïque qui se manifeste dès les premières mesures de l’Allegro vivace initial. Ses modulations osées, ses contrastes dynamiques et mélodiques, mettent en valeur les qualités expressives et virtuoses des deux interprètes dans leur duel concertant.

Voici un duo à suivre.

Partager

L’entrée triomphale d’Adriana Gonzalez dans l’histoire du Capitole
Des salves d’applaudissements saluent cette représentation avec un petit plus, mérité, pour Adriana Gonzalez.
Le retour du sombre héros de la Sérénissime
Le Théâtre du Capitole va, de nouveau, vivre à l’heure des grands frissons
Schumann symphonique avec Frank Beermann
Les 10 et 11 avril dernier, à la Halle aux Grains, le grand chef allemand Frank Beermann a dirigé les quatre symphonies de Robert Schumann.
L’éternel génie de Maurice Béjart
L’héritage de Maurice Béjart est dans de bonnes mains.
Les Arts Renaissants en mode transatlantique
La fête fut belle et le public particulièrement enthousiaste
Les grandes voix de la Messe en si
Le mardi 7 avril dernier, la Halle aux Grains recevait le Chœur accentus, le Monteverdi Choir, quatre chanteurs solistes et l’Insula orchestra, tous dirigés par Laurence Equilbey.