Danse

Une soirée en forme de credo

Première soirée de ballet, à l’Opéra de Paris, selon Benjamin Millepied, le nouveau patron de la plus prestigieuse Compagnie de danse du monde. Autant dire que l’attente est vive et impatiente. Les douze représentations sont louées en un éclair et chaque fois se soldent par des triomphes indescriptibles. Plusieurs raisons concourent à cela dont la moindre n’est pas la curiosité. A quoi va ressembler la signature « Millepied » ?

Clear… : Corps de ballet de l’Opéra national de Paris – Crédit photo : Ann Ray –

Cette soirée est un véritable credo. Benjamin Millepied est confiant dans les qualités intrinsèques de sa Compagnie, d’une part. D’autre part, il met à son programme, en une sorte d’hommage, ses deux maîtres : Jerome Robbins et George Balanchine. Il connaît sa dette envers ces deux géants et c’est avec un profond respect qu’il s’incline devant eux. Cette posture plus que légitime n’empêche pas le jeune Directeur de la Danse de notre première scène nationale d’avoir du tempérament. Pour preuve, il inaugure son règne en signant une création : Clear, Loud, Bright, Forward. L’objectif clairement définit de cette pièce de 36’, sur une musique commandée au jeune compositeur américain Nico Muhly, est de mettre en valeur non pas les Etoiles de la Compagnie, mais le Corps de ballet, en l’occurrence ici Coryphées et Sujets. Ils sont huit filles et autant de garçons pour se confronter à une grammaire chorégraphique certes d’un grand classicisme mais ici donnée dans une déstructuration qui alterne pas de deux et ensembles dans une fluidité aux dynamiques variées. L’exercice est difficile mais le challenge est relevé haut la main, traçant un portrait du Corps de ballet à son meilleur et révélant des individualités qu’il ne serait pas étonnant de retrouver très rapidement dans un autre répertoire.

Dreamer : Mathieu Ganio – Crédit photo : Ann Ray –

Suit l’une des pièces maîtresse de Jerome Robbins, créée en 1979 sur le Concerto pour violon opus 19 de Serge Prokofiev et intitulée Opus 19/The Dreamer. L’histoire de ce rêveur qui, pour l’occasion, fait son entrée au répertoire de la Compagnie, est une magnifique opportunité pour Mathieu Ganio, Etoile, de nous prouver qu’il est le successeur in loco de Nicolas le Riche. Il en a toute la souplesse, la maîtrise, la musicalité et, surtout, la suprême élégance du geste qui n’est que l’apanage des grands. Autre Etoile à ses côtés, Amandine Albisson, dans un rôle plus en retrait, démontre rapidement l’étendue de son talent.

Thème : Corps de ballet de l’Opéra national de Paris – Crédit photo : Ann Ray –

Pour clore cette soirée, et après l’annonce de l’indisposition de Josua Hoffalt, c’est le duo Laura Hecquet, nommée Etoile en mars dernier, et Hugo Marchand, Sujet que nous venions de voir évoluer dans le premier ballet, qui se confronte à cet Everest stylistique qu’est le Thème et Variations de George Balanchine, un must du répertoire maison depuis 1993. Ecrit par le célèbre chorégraphe new-yorkais en 1947, révisé en 1960, ce ballet a pour musique l’une des trois suites de Piotr Ilyitch Tchaïkovski, en fait le dernier mouvement de la troisième qui se termine par une polonaise endiablée. En fait ce Thème, suivi de douze variations d’une rare élégance musicale, est un sujet en or pour George Balanchine. Durant près d’une demi-heure, le Corps de ballet, mais aussi des ensembles plus réduits, enfin les deux solistes vont évoluer dans cette sorte d’éther chorégraphique d’une perfection absolue et d’une difficulté majeure dont seul Balanchine avait le secret.

Triomphe sur toute la ligne. La succession de Brigitte Lefèvre semble bien assurée. De toute évidence !

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