Danse

Une comédie douce-amère

Rarement à l’affiche, la comédie-ballet Monsieur de Pourceaugnac, signée Molière et Lully, créée par la troupe de Molière « pour le divertissement du Roi » le 6 octobre 1669 à Chambord, n’est pas nécessairement la pièce la plus affichée de notre cher Jean-Baptiste Poquelin. Loin s’en faut d’ailleurs. Pour la petite histoire, cette pièce fut donnée par trois fois au Théâtre du Capitole entre 1786 et 1788. Il n’est rien de dire combien cette nouvelle production, qui circule en France depuis fin 2015 lui donne un coup de jeune extraordinaire. La mise en scène de Clément Hervieu-Léger, pensionnaire de la Comédie française, y est pour beaucoup.

– Photo Brigitte Enguerand –

En effet, cet homme de théâtre situe l’action en 1950. Certes quelques répliques paraissent décalées mais dans la véritable furia comica qui s’empare du plateau, et du public, elles ajoutent à l’impression de folle journée qui s’empare de la représentation donnée sans entracte.

Et pourtant nous avons à faire là à l’une des pièces les plus sombres et les plus cyniques de l’auteur du Misanthrope. En deux mots, un hobereau de province, un limougeaud, débarque à Paris pour rencontrer sa fiancée dans le cadre d’un mariage arrangé et, pour ne pas le dire, d’intérêt. C’est Monsieur de Pourceaugnac. Or, la belle a déjà un amant avec lequel elle compte bien faire sa vie, malgré la tutelle paternelle. Voici donc une équipe de joyeux drilles, sous la conduite de Sbrigani, ici des ragazzi de la pire espèce, qui se met en devoir de faire échouer ce mariage.

– Photo Brigitte Enguerand –

Tout sera bon pour conduire ce pauvre Monsieur de Pourceaugnac au bord de l’enfer. Il ne lui restera d’ailleurs pas d’autre choix que de s’enfuir déguisé en femme… Il faut dire qu’entre temps il aura été plutôt malmené par des médecins, un apothicaire, de fausses épouses, des soldats, des avocats, etc. Tout ce petit monde étant bien sûr des usurpateurs et se travestissant dans la plus pure tradition moliéresque. A vrai dire, difficile de reprendre sa respiration entre deux fous-rires. Au sein d’une distribution au cordeau, il convient tout de même de souligner la performance de Daniel San Pedro, Sbrigani étincelant de malice et d’à-propos, étourdissant en… torero ! Sans oublier Gilles Privat, Monsieur de Pourceaugnac digne et pathétique à la fois. Sur scène également, car il s’agit d’une comédie-ballet, rien moins que dix musiciens des Arts Florissants sous la direction, depuis son clavecin, de Paolo Zanzu. Des musiciens-comédiens-chanteurs participent aussi à cette image de troupe chère à Molière et à son Illustre Théâtre. Et c’est formidable. De nombreux rappels sont venus saluer une performance que le public n’est pas près d’oublier.

Partager

Les abysses interdits des secrets de famille
Cloé, une star dont la personnalité sulfureuse sera marquée au fer rouge par son entrée dans le monde du 7e art…
BALLET DU CAPITOLE – 1, 2, 3 CYGNES ET 4 CHORÉGRAPHES           
S’il est un ballet, emblème du répertoire classique, inlassablement remonté, inlassablement revisité, c’est bien Le Lac des Cygnes,  chef-œuvre incontesté du duo de choc Tchaikowski- Petipa. A partir de cette œuvre qui puise sa source aux légendes allemandes et scandinaves du Moyen-Âge, Beate Vollack, directrice de la Danse du
Deux récitals exceptionnels à Toulouse du pianiste Étienne Rall
L’Université Toulouse Capitole reçoit pour deux concerts, le jeune pianiste non voyant Étienne Rall. L’amphi Despax (site Arsenal) hébergera ces deux récitals le vendredi 20 mars, à 18h (ouverture des portes : 17h15) et le samedi 21 mars, 16h (ouverture des portes : 15h). Le programme musical de ces
« Cordes et lames », le concert des Clefs de Saint-Pierre
Le lundi 16 mars à 20h, l’auditorium Saint-Pierre des Cuisines reçoit le dernier des cinq concerts d’abonnement, « Cordes et lames », de la belle saison des Clefs de Saint-Pierre.
Tugan Sokhiev, l’Orchestre Philharmonique de Radio France et Yefim Bronfman : les invités de la 40ème saison des Grands Interprètes
Le samedi 14 mars prochain, Tugan Sokhiev dirigera l’un des grands orchestres d’Europe, le Philharmonique de Radio France. Le grand pianiste Yefim Bronfman sera le soliste invité du concert.
Le retour très attendu de Tarmo Peltokoski
Le concert que donne le 13 mars prochain à Toulouse l’Orchestre national du Capitole marquera le retour de son Directeur musical, Tarmo Peltokoski, à la suite de son retrait temporaire pour raison de santé.