Danse

Giselle ou le rêve romantique

La saison 2017/2018 de la saison du Ballet du Capitole s’ouvre sur l’archétype du ballet romantique, Giselle, dans la production que nous avait présenté Kader Belarbi en 2015.
C’est à la lecture de l’œuvre d’Henri Heine, De l’Allemagne, que Théophile Gautier, fervent admirateur de la Danse, trouve l’idée d’un ballet qui répondrait aux rêves littéraires de l’époque qui, de Nerval à Nodier et de Hugo au propre Gautier, aimaient à se perdre dans les régions imaginaires, peuplées d’ombres légères et fantastiques. Dans une lettre qu’il écrit à Henri Heine, Théophile Gautier lui évoque la genèse du ballet : « Mon cher Henri Heine, en feuilletant il y a quelque semaines votre beau livre De l’Allemagne, je tombai sur un endroit charmant, […] c’est le passage où vous parlez des Elfes à la robe blanche […], des Willis au teint de neige, à la valse impitoyable ; […] je m’écriais involontairement : Quel joli ballet on ferait avec cela ! Je pris même, dans un accès d’enthousiasme, une belle grande feuille de papier blanc et j’écrivis en haut, d’une superbe écriture moulée : les Willis, ballet ; puis je me pris à rire et jetai la feuille au rebut, me disant […] qu’il était impossible de traduire au théâtre cette poésie vaporeuse et nocturne, cette fantasmagorie voluptueusement sinistre, tous ces effets de légende et de ballade si peu en rapport avec nos habitudes… »

Le ballet Giselle avec Julie Charlet et Davit Galstyan © David Herrero

Et pourtant, avec la complicité de Jules Henri de Vernoy de Saint Georges pour le livret, celle d’Adolphe Adam pour la musique et celle enfin de Jean Coralli et Jules Perrot, Giselle a vu le jour le 28 juin 1841. Carlotta Grisi dansait le rôle-titre avec à ses côté Lucien Petipa en prince Albrecht.

D’autres grandes Giselle lui ont succédé : Anna Pavlova, Margot Fonteyn, Yvette Chauviré, Noëlla Pontois et plus près de nous Aurélie Dupont ou Svetlana Zakharova.

Sur la scène du Capitole nous retrouverons Julie Charlet et Natalia de Froberville, nouvellement promue 1ère soliste, avec comme partenaire Davit Galstyan et Ramiro Samón, lui aussi nommé récemment 1er soliste. Ils interprèteront la production de Kader Belarbi, qui offre une vision personnelle de ce ballet mythique, en particulier pour la chorégraphie du premier acte, fruit de recherches approfondies sur le sujet.

Nul doute que cette fois-ci encore le succès sera au rendez-vous, comme il l’a été en 2015. Et le bonheur des balletomanes sera complet avec la présence, dans la fosse, de l’orchestre sous la baguette de Nathan Fifield qui accentuera encore la magie de ce spectacle habillé par le très grand Olivier Bériot, dans les décors de Thierry Bosquet et les lumières de Sylvain Chevallot.

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