Danse

Don Quichotte revisité

Kader Belarbi aime le grand ballet classique, cela ne fait aucun doute. Mais s’il les aime dans leur version originale il sait aussi les réinterpréter pour en donner une vision plus actuelle, plus personnelle sans jamais renier ni trahir l’héritage et la tradition académiques. Nous n’en voulons pour preuve que ses versions si réussies du Corsaire et de Giselle. C’est un autre monument chorégraphique qu’il aborde ici : Don Quichotte.
Le Chevalier à la Triste Figure, héros espagnol par excellence, dont on a célébré le 400ème anniversaire de naissance (entendez la publication du 2ème volume de l’ouvrage en 1615), fait partie intégrante du patrimoine artistique espagnol, célébré autant par la musique, l’opéra, la peinture ou la danse. L’œuvre créée en 1869 au Théâtre Bolchoï de Moscou par Marius Petipa sur une musique de Ludwig Minkus, connu immédiatement un énorme succès.

L’intrigue du ballet reprend l’un des chapitres, de l’ouvrage de Cervantès : Las Bodas de Camacho (Les noces de Gamache), qui nous conte les amours de Kitri et du barbier Basile, amours contrariées par le père de Kitri qui n’a de cesse de marier sa fille au riche Gamache. La figure de Don Quichotte, qui poursuit son incessante quête de la belle Dulcinée, joue ici les deus ex machina qui rendra le bonheur aux deux amoureux. L’humour, la bravoure, la poésie, l’onirisme, voilà les éléments qui donnent corps à ce ballet.

Don Quichotte – María Gutiérrez

© David Herrero

Kader Belarbi a souhaité souligner, par une présence plus importante, le personnage de Don Quichotte et son valet Sancho Pança, parfois trop « écartés » de l’intrigue dans certaines versions. Basile a quitté son rôle de barbier pour endosser l’habit de lumière habituellement dévolu à Espada. Mercedes et Esteban, le chef des gitans, prennent également un relief plus important.

Comme il l’avait effectué pour les précédents ouvrages, Kader Belarbi a également fait des rajouts musicaux, ici avec des compositions toujours de Ludwig Minkus, et réagencé des séquences musicales pour donner plus de lisibilité au livret. La direction de l’Orchestre a été confiée à Koen Kessels, directeur musical du Royal Ballet du Covent Garden de Londres.

Ce sont trois distributions qui se succèderont dans les rôles de Kitri, Basilio, Mercedes et Esteban.

A cette occasion María Gutiérrez, Première Soliste du Ballet du Capitole fera ses adieux à la scène toulousaine. Après avoir débuté dans sa ville natale de Torrelavega en Espagne, María Gutiérrez intègre en 2001 le Ballet du Capitole, où elle est rapidement promue Première Soliste tant ses qualités techniques et ses dons d’interprétation étaient singuliers. Kitri est le premier grand rôle que María a dansé à Toulouse. Et c’est avec ce rôle qu’elle a souhaité faire ses adieux au public toulousain.

Comme à l’habitude, plusieurs évènements auront lieu autour de Don Quichotte.

Rencontre avec Kader Belarbi au Théâtre du Capitole le mardi 18 avril à 18 h (entrée libre).

Danse à la Cinémathèque : Don Quichotte de Grigori Kosintsev (1957), mardi 18 avril, à 20 h 30, à la Cinémathèque (réservation : 05 62 30 30 10 – www.lacinematheque.fr)

Démonstration du Ballet du Capitole (scolaires à partir du CE2) : mardi 25 avril à 14 h – Théâtre du Capitole.

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