Danse

Carmen : une vision italienne

Evénement au Capitole : Davide Bombana nous donnait sa vision chorégraphique de « Carmen ».
Il est toujours difficile de s’attaquer à un tel mythe. Qui n’a pas dans la mémoire, une image, un air, une musique qui nous parle de cette gitane magnifique ? Le chorégraphe n’a d’ailleurs pu échapper à la musique de Bizet, le plus souvent avec l’orchestration de Shchedrin (une merveille !), même s’il l’accompagne de Meredith Monk et des tambours du Bronx. Le pari était osé, il fut en partie réussi, certains rapprochements pouvant surprendre.

Ainsi, la soirée chez Lillas Pastias semblait presque surréaliste entre les rythmes du Bronx et les danseuses en jupettes polaires (à Séville !); de même, si Escamillo devenu Minotaure est une idée intéressante, sa « cuadrilla » de travestis tombe dans l’espagnolade gratuite. La chorégraphie, si elle nous a donné à voir de beaux moments (en particulier dans les pas de deux), est d’inégale valeur. Peut-être cette ouvre mériterait-elle d’être remise sur le métier, pour trouver véritablement son rythme et son originalité, en oubliant les emprunts à telle ou telle Carmen.

Paola Pagano

Paola Pagano a assuré trois représentations sur quatre, nous offrant une Carmen très « patricienne », plus proche de la lagune vénitienne que des rives du Guadalquivir. Sa technique irréprochable, son port princier, donnent une distance originale au personnage. Luca Masala, son partenaire, incarnait un Don José au regard halluciné, totalement sous l’emprise de sa passion. Maria Gutierrez et Breno Bittencourt, lors de leur unique prestation, nous donnèrent une interprétation totalement différente. Fougue, ardeur, fureur, passion, tout y était. Le fier navarrais dompté par la gitane tout droit sortie de Triana, tout le public y a cru. Pascale Saurel prêta sa grâce et son intériorité à Micaela, et Minh Pham fut un superbe Garcia.
La deuxième partie du spectacle reprenait « Beethoven 7 » d’Uwe Scholz. Ce fut un éblouissement où la Compagnie donna toute la mesure de son talent. La chorégraphie rigoureuse, ciselée au burin, fait parfaitement corps avec la musique. Les ensembles sont tirés au cordeau, les danseurs, magnifiques de précision. Magali Guerry y fut lumineuse, Breno Bittencourt étourdissant dans ses variations, et Juliana Bastos, Saul Marziali, Davit Galstyan. tous firent la démonstration que Toulouse possède une Compagnie de niveau (inter)national.

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