Concerts

Tempête force douze !

Le 14 mars dernier, douze cors sur un podium plein à craquer, un Orchestre du Capitole dans une forme éblouissante, un chef bondissant, plein d’une énergie communicative rendaient un fervent hommage à Richard Strauss à travers deux oeuvres complémentaires dont sa partition symphonique la plus « énergique », la panthéiste « Alpensinfonie ». Le jeune chef québécois Yannick Nézet-Séguin, nommé récemment directeur de la Philharmonie de Rotterdam, a noué avec l’orchestre toulousain des liens étroits qui apparaissent, au fil de ses visites, chaque fois plus chaleureux. Souhaitons que cette fructueuse collaboration s’établisse dans la durée.

La soprano américaine Christine Brewer et le chef canadien Yannick Nézet-Séguin à la tête de l’Orchestre du Capitole.

En prélude (et quel prélude !) à l’exécution de la « Alpensinfonie », Yannick Nézet-Séguin accompagnait l’ultime confession du vieux maître, les mythiques « Vier letzte Lieder » (Quatre derniers lieder), confiés à cette voix féminine pour laquelle Strauss composa les plus émouvantes musiques. La soliste de ces évocations magiques était la soprano américaine Christine Brewer. Un timbre lumineux, homogène et lyrique, un sens de la phrase mélodique porté par un souffle soutenu, Christine Brewer brosse avec art l’atmosphère automnale qui imprègne ces évocations d’une mort sereine, devenue fusion dans la nature universelle. Yannick Nézet-Séguin insuffle à l’orchestre une respiration qui évoque une sorte d’hymne à la vie renouvelée. Le succès est tel que les interprètes bissent le troisième lied « Beim Schlafengehen » (En s’endormant) dans lequel s’élève la douce complainte du violon solo (excellent Malcolm Steward).

Dans la seconde partie du concert, Yannick Nézet-Séguin s’investit totalement dans la vaste fresque, écologique avant l’heure, de la « Alpensinfonie », vibrant hommage à la nature éternelle. Entre la naissance du jour et la tombée de la nuit, deux plages d’un calme indicible, le chef québécois, dirigeant de tout son corps, mu par une énergie sans limite, déchaîne les plus incroyables explosions orchestrales qui n’en restent pas moins toujours impeccablement maîtrisées. Les grands moments se succèdent : du rutilant lever de soleil à la tempête dévastatrice, en passant par la magique contemplation d’un horizon sans fin à l’arrivée au sommet (quel somptueux solo de hautbois de Jean-Michel Picard !)

Extases et élans dynamiques sont admirablement dosés par le chef qui semble obtenir tout ce qu’il désire de l’orchestre. Il faut féliciter chaleureusement chaque pupitre et chaque soliste, le magnifique cor d’Hervé Lupano, la trompette invincible et lumineuse de René-Gilles Rousselot, la « frappante » efficacité de Jean-Loup Vergne et de ses collègues aux percussions.
Un grand moment de pur plaisir orchestral !

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