Concerts

Noël autour du monde

L'Orfeón Donostiarra, sous la direction de José Antonio Sainz Alfaro - Photo Classictoulouse

Le jeudi 18 décembre dernier, des chants de Noël de toute l’Europe ont résonné dans la Halle aux Grains grâce au chœur Orfeón Donostiarra, l’invité de la saison des Grands Interprètes. Sous la direction de José Antonio Sainz Alfaro, des chants provenant de traditions populaires diverses ont ainsi été dévoilés.

Composé de chanteurs amateurs expérimentés, l’Orfeón Donostiarra fonctionne de manière très professionnelle et donne près de 40 concerts par an. Fondé en 1897 à San Sebastián (Pays Basque espagnol) il est l’un des chœurs d’Espagne et d’Europe les plus importants et les plus sollicités. Il a souvent collaboré avec l’Orchestre national du Capitole de Toulouse sous la direction de Michel Plasson.

Le programme de ce concert du 18 décembre réunit des chœurs de Noël d’origines anglaise, allemande, basque et française. Les quatre étapes de ce voyage européen sont illustrées par des arrangements musicaux spécifiques de pièces traditionnelles. Sous la direction de José Antonio Sainz Alfaro, elles sont chantées avec précision et ferveur par une cinquantaine de chanteuses et chanteurs accompagnés par l’orgue tenu par Gerardo Rifón. Le bel équilibre entre les registres constitue l’une des qualités majeures de l’ensemble.

L’Orfeón en formation de double chœur – Photo Classictoulouse

L’épisode britannique mêle quelques chants signés de grands compositeurs comme Georg Friedrich Haendel, Irving Berlin ou Felix Mendelssohn à un traditionnel arrangé par David Willcocks. Joie, vigueur et douceur alternent harmonieusement. La patte de Haendel n’est pas sans évoquer son Messie

Dans l’étape allemande, quelques solistes de qualité participent à certains chants. La basse Txomin Maidagan, les sopranos Lucía Boned et Irene del Molino s’intègrent avec finesse dans des pièces signées Peter Cornelius, Michaël Praetorius, Johann Herbeck et Franz Schubert, dont son « Mille Cherubini in Coro » est réservé au chœur de femmes.

Au grand chœur est associé un trio de chanteuses solistes – Photo Classictoulouse

L’ensemble retrouve ses racines dans la série de chants basques qui occupe la troisième partie de ce concert. C’est un traditionnel au titre impératif « Hator hator » (Viens, viens) qui ouvre la séquence en associant au grand chœur un trio de chanteuse. Alternant avec un autre traditionnel, « Oï Bethleem« , deux pièces de compositeurs basques, Gabriel Olaizola et Bartholomé de Ercilia sont abordées avec deux solistes : la mezzo-soprano Anabel Aldalur et le ténor Javier Puente. Gageons que la prononciation des textes est une référence !

Le voyage s’achève sur un épisode français. Si les chants qui le composent font bien partie des « tubes » traditionnels, on découvre les grands compositeurs qui les ont arrangés. Ainsi, « Les anges dans nos campagnes » et « Il est né le divin enfant » ont été harmonisés par Gabriel Fauré. Par ailleurs, « Minuit Chrétiens » d’Adolphe Adam a été arrangé par Arthur Harris et l’on découvre un extrait du trop rare Oratorio de Noël de Camille Saint-Saëns, « Tollite hostias« , chanté avec la participation soliste de la soprano Mariana Ponochevna. Le très léger accent des chanteurs confère un charme particulier à cette rencontre.

Le chœur, José Antonio Sainz Alfaro et l’organiste Gerardo Rifón au salut final – Photo Classictoulouse

Le bel accueil que reçoit cette prestation incite José Antonio Sainz Alfaro à proposer une expérience particulière. Il demande à l’ensemble du public d’entonner le célèbre chœur « Adeste fidèles », après une première exécution incitative par l’Orfeón Donostiarra lui-même. Avouons que le public n’a que timidement essayé de se mesurer à l’exercice.

Serge Chauzy

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