Concerts

NAOS, l’émotion au pouvoir

Les Conférences Vocales dans le chœur de l'église Saint-Exupère - Photo Classictoulouse

Le 13 septembre dernier, l’église Saint-Exupère de Toulouse recevait le chœur Les Conférences Vocales dirigé par Laetitia Toulouse et la chorégraphe Loren Coquillat. Le spectacle éblouissant présenté ce soir-là a été longuement acclamé par un nombreux public fasciné par son originalité, son intensité expressive et la perfection de sa réalisation.

L’ensemble Les Conférences Vocales fondé en 2007 par Laetitia Toulouse s’est donné comme tâche essentielle de produire des spectacles musicaux a cappella illustrés par une scénographie originale, chorégraphique, ou mise en espace.

Ce nouveau spectacle intitulé NAOS est défini ainsi par les deux créatrices : « [NAOS] évoque le souffle, les battements de la vie et l’énergie qui nous unissent, nous, poussières d’étoiles, au cosmos. Le chœur investit l’espace, se jouant de la frontière entre scène et public, par une scénographie inventive, tantôt chorégraphie, simple geste ou juste un regard. » Son déroulement obéit à une série de caractéristiques particulièrement originales.

La musique

La quinzaine de pièces vocales a cappella chantées par le chœur sont signées exclusivement de compositrices des XXème et XXIème siècles de toutes nationalités : américaine, britannique, finlandaise, néo-zélandaise, canadienne, lettone, irlandaise, française. Le fait est si rare qu’il mérite d’être souligné ! Les compositions elles-mêmes s’échelonnent entre 2006 et 2022.

L’entrée du chœur – Photo Classictoulouse

Les thèmes abordés évoquent aussi bien les traditions populaires que les événements climatiques ou encore des personnages emblématiques. Les beautés musicales de ces pièces résident aussi bien dans la simplicité des langages que dans leur richesse mélodique ou harmonique. Sous la direction à la fois précise et expressive de Laetitia Toulouse, chanteuses et chanteurs déploient une beauté vocale admirable, une subtile complémentarité des divers registres. Leur arrivée par l’allée centrale et les allées latérales de l’église, l’utilisation de l’ensemble de la nef confèrent aux sonorités générées une spatialisation sensible des voix. Progressivement, chanteuses et chanteurs occupent finalement l’espace du chœur où va se dérouler l’essentiel du spectacle.

Laetitia Toulouse – Photo Classictoulouse

La chorégraphie

L’impact de la musique doit beaucoup à la mise en espace chorégraphique imaginée par Loren Coquillat. Très judicieusement, pas d’uniformisation des gestes. Chaque « personnage » possède son individualité qui apporte sa propre contribution au récit global. Un peu à la manière des musiciens d’un orchestre symphonique ! La partie visuelle du spectacle illustre, complète, sans redondance aucune, la partie musicale. La beauté et l’enchaînement des attitudes donnent parfois l’impression d’une improvisation. Néanmoins, la perfection avec laquelle chants et gestes se complètent laisse penser que cette précision est le résultat d’un travail conséquent.

Les relations fortes qui se manifestent entre les chanteurs-acteurs confèrent un supplément d’émotion à cette complémentarité entre le visuel et le sonore.

L’une des scènes touchantes du spectacle – Photo Classictoulouse

Les œuvres

La découverte d’œuvres rares constitue elle-même l’un des intérêts majeurs de ce programme. Les langages musicaux restent très abordables et restent au service des textes originaux. La succession des quinze pièces alterne des atmosphères très diverses, souvent contrastées. Quelques partitions apaisantes comme l’Ave Maria de la Britannique Helen Ostafew ou le Bird’s Lullaby de la Canadienne Sarah Quartel, voisinent avec quelques évocations étonnantes et dynamiques. On remarque en particulier deux séquences animées liées à l’orage : Father Thunder, de la Lettone Laura Jēkabsone, ou encore Through the Storm, de la Canadienne Katerina Gimon, deux exemples d’utilisation de « percussions corporelles ».

De l’agitation à la sérénité, ces pièces distillent un art de vivre plein d’émotion. Ce beau voyage s’achève sur Grandmother Moon, de la Canadienne Eleanor Daley sur un texte qui décrit la beauté et la tranquillité d’une pleine lune par nuit claire.

De gauche à droite : Loren Coquillat et Laetitia Toulouse, au salut final – Photo Classictoulouse

L’acclamation unanime que recueille cette prestation est suivie d’un prolongement musical accordé par les chanteurs-acteurs depuis l’ensemble de la nef. Un grand moment !

Serge Chauzy

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