Concerts

Georges Aperghis, l’invité des Présences Vocales à Odyssud

La création à Toulouse de l’opéra de George Benjamin, Written on skin, a connu un beau succès largement mérité. Cette première des manifestations du cycle Présences Vocales, intégrée à la saison lyrique du Théâtre du Capitole, est suivie de la présentation, le 6 décembre prochain à Odyssud, du spectacle Luna Park, conçu et imaginé par le grand compositeur d’aujourd’hui Georges Aperghis.
Représentée sur la scène blagnacaise dans le cadre de la 15ème édition du Festival Novelum, cette œuvre de théâtre musical, qui est une commande de l’IRCAM et du Festival international de musique contemporaine Automne de Varsovie, a été créée le 8 juin 2011 au Centre Pompidou à Paris. Georges Aperghis, né à Athènes en 1945 et qui vit et travaille à Paris depuis 1963 s’est associé à François Regnault pour en écrire le texte.

Luna Park, de Georges Aperghis, lors de sa création au Centre Georges Pompidou

– Photo IRCAM Sylvia Gomes –

Compositeur prolixe, Georges Aperghis construit, avec une invention jamais tarie, une œuvre très personnelle, sérieuse et empreinte d’humour, attachée à la tradition autant que libre des contraintes institutionnelles. Il sait ouvrir des horizons inespérés de vitalité et d’aisance à ses interprètes, réconcilie habilement le sonore et le visuel, autant qu’il se saisit de sujets inscrits dans le tragique ou le dérisoire de son époque. Georges Aperghis a reçu le prix Mauricio Kagel en octobre 2011.

Le propos du compositeur dans Luna Park joue sur l’ambigüité du sujet abordé : « Même si Luna Park traite d’un sujet on ne peut plus sérieux – la surveillance quotidienne des espaces publics : rues, supermarchés, chambres d’hôtel – je ne veux pas que cela devienne un pamphlet aux yeux du public… Je préfère jouer avec cette idée de surveillance – et, éventuellement, aller jusqu’au point de l’auto-surveillance : est-il possible de se surveiller soi-même ? La réflexion passe par le rire et le jeu. »

Le dispositif scénique, la musique, les paroles, tout concourt à alimenter la réflexion sur la thématique choisie. A propos du rôle de sa partition sonore Georges Aperghis indique : « Une des fonctions du son et de l’électronique est de fabriquer de fausses pistes, de colorer les images enregistrées en leur donnant un « sens » différent chaque fois qu’elles réapparaissent. Ainsi, quand un fragment revient, il nous apparaît à la fois « déjà vu » et à la fois transformé. Une autre fonction du son est d’exprimer les pensées des personnages surveillés à leur insu… »

Dans une installation scénographique et sous la lumière de Daniel Lévy, la musique et la mise en scène de Georges Aperghis illustre donc les textes de Georges Aperghis et François Regnault, dans une réalisation informatique musicale de l’Ircam/Grégory Beller.

Ce spectacle d’une durée d’environ 1 heure sera présenté le jeudi 6 décembre à 21 h, dans la Grande Salle d’Odyssud. La découverte de nouveaux horizons musicaux et expressifs est une fois de plus au rendez-vous de ce cycle original des Présences Vocales.

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