Deux artistes de premier plan possédant des racines communes animaient le concert des Grands Interprètes du 18 novembre dernier. Maxim Vengerov et Lilya Zilberstein, expriment par violon et piano interposés, tout ce que leurs origines russes leur ont légué.

Les sonorités d’abord, qui frappent par leur générosité. Le violon de Maxim Vengerov produit un son d’une incroyable homogénéité, d’une exceptionnelle beauté, d’une pureté presque angélique. Le piano de Lilya Zilberstein, chaleureux et dense, confère au discours une assise rythmique et harmonique d’une grande plénitude. L’association des deux instruments, la complicité des deux tempéraments s’épanouit dans un programme en deux volets de nature très différente, et abordés de manière presque opposée par les deux artistes.

Classiquement germanique, la première partie met d’abord en évidence la tenue impeccable de la ligne mélodique de l’Adagio pour violon KV de Mozart de la part de Maxim Vengerov. Phrasé moelleux, douceur expressive.

La sonate n° 7 pour piano et violon de Beethoven s’ouvre sur un tempo retenu que les explosions rythmiques ne bousculent pas vraiment. La vision très lyrique des interprètes se déploie dans un style olympien, presque serein, qui ne souligne pas les aspérités du discours. L’hédonisme règne en maître dans un accord parfait des jeux et des sonorités.

La seconde partie du concert, profondément russe celle-là, nous entraîne dans un univers fantastique. La sonate pour violon et piano n° 1, de Prokofiev, explose sous les doigts des interprètes transfigurés. Désolation et révolte du premier volet, démarche chaotique de l’allegro brusco, onirisme hallucinant de l’andante, violent combat du final brossent un tableau d’une énergie et d’un relief éblouissants. Le violon de Maxim Vengerov se fait tour à tour tragique, ironique, grimaçant aux côtés du piano acéré de Lilya Zilberstein.

Enfin, les dix Préludes de Chostakovitch (écrits pour le piano et transcrits pour violon et piano par Dimitri Tzyganov, le premier violon du mythique quatuor Beethoven) construisent un puzzle d’une vivacité, d’une diversité rares. Dans ces courtes pièces, les interprètent passent instantanément du sarcasme à la grâce légère, de l’insouciance au drame, avec une palette expressive d’une insolente richesse.

Un onzième prélude de Chostakovitch et la célèbre Danse hongroise n° 5 de Brahms, sont généreusement joués en bis.

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